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La complexité urbaine comme moteur

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9 janvier 2019 Temps de lecture 7 minutes

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L’économie wallonne va mieux. Et la Wallonie connaît un retour à la ville, soutenu par les autorités politiques. Une évolution positive qui n’a pas échappé aux architectes de DDS+, qui ont fait de la complexité urbaine une marque de fabrique. D’Ath à Verviers en passant par Mons, Charleroi, Namur, Wavre, Marche-en-Famenne et Habay-la-Neuve, rares sont les villes où DDS+ ne construit pas la Wallonie. Souvent en association avec un ou deux autres bureaux d’architecture, précisément pour garantir la diversité inhérente aux projets urbains. Rencontre avec deux des trois co-founding partners de DDS+ : Christian Sibilde et Grégoire de Jerphanion.

Quel est le point commun entre la reconversion des Papeteries de Genval, le nouveau quartier sur le site de la Sucrerie à Ath et le projet Cœur de Ville sur le site des Casernes à Namur, pour ne citer que quelques-uns des projets qui font l’actualité du bureau bruxellois ?

Visualisation 3D du projet Cœur de Ville sur le site des Casernes à Namur. (Photo : Miysis)

 

Christian Sibilde : « Il s’agit de projets complexes, dans le sens où ils combinent différentes fonctions. A Genval, on va de nouveau vivre au-dessus de commerces. A Namur, on a une mixité de bureaux et de logements, avec jardins et potagers partagés. Cette complexité de vie est au cœur de la définition de la ville. Le summum, c’est sans doute le complexe Rive gauche en plein centre de Charleroi qui, par sa complexité (commerces, logements, auberge de jeunesse, hôtel, …), fait revivre la ville. » Grégoire de Jerphanion : « La majorité de nos projets en Wallonie s’implantent sur d’anciennes friches industrielles ou des zones en vacance, mal ou non exploitées. Ce qui crée des opportunités grâce notamment à un foncier assez attractif. Les développeurs ont vu arriver cette situation. Cela crée un certain dynamisme. »

Au niveau des pouvoirs publics, ce dynamisme est désormais accompagné par une meilleure connaissance des grands projets. Les nouvelles réglementations (CodT) se mettent en place et une volonté politique s’affiche pour rendre les villes de nouveau attractives.

L’équipe DDS+. (Photo: Lydie Nesvadba)

L’équipe DDS+. (Photo: Lydie Nesvadba)

 

L’énergie du renouveau
Dans tous les projets du bureau bruxellois, on retrouve par ailleurs une même ambition énergétique. Crise de l’énergie et bâti vieillissant ont fait des dégâts en Wallonie. Christian Sibilde : « Quand je vois le nombre de lotissements construits sans distribution de gaz, où tout le chauffage fonctionne à l’électricité ou avec une chaudière au mazout, je me dis que la Wallonie a encore un bout de chemin à parcourir. Le succès rencontré par les nouveaux logements s’explique en grande partie par le fait que le client sait qu’il aura en fin d’année une facture énergétique représentant parfois seulement le tiers ou le quart de ce qu’il connaît dans son logement actuel, qui date des années 50 ou 60. »

La ville est écologique
Des terrains à l’abandon, situés en ville, deviennent des quartiers durables. Le « stop au béton », déjà promulgué en Flandre, devrait faire son apparition également en Wallonie, sans doute sous une autre forme et avec un calendrier décalé. Grégoire de Jerphanion : « C’est la vision durable pour la ville de demain. Nous nous inscrivons parfaitement dans cette approche de reconcentration des énergies. » Et Christian Sibilde de surenchérir : « La ville en elle-même est écologique. Puisqu’elle épargne la campagne, et qu’en la densifiant, on rentabilise l’investissement des infrastructures. »

Les Papeteries de Genval. (Photo : Nathalie Van Eygen)

Les Papeteries de Genval. (Photo : Nathalie Van Eygen)

 

Diversité et qualité
Grégoire de Jerphanion : « La demande du citoyen et du politique n’est plus d’avoir un projet monolithique échoué dans sa ville mais bien de recréer les conditions d’un développement urbain plus séquencé, donc avec plus de diversité. Dans le projet Cœur de Ville à Namur, on trouve ainsi une palette d’expressions réalisées avec des matériaux différents. L’apport des 3 bureaux d’architectes associés pour l’occasion (DDS+, Atelier de l’Arbre d’Or et Qbrik) crée de la richesse et de la diversité, chacun apportant ses compétences et sa vision sur l’architecture. »

Au fil des projets, DDS+ se profile donc résolument comme un régénérateur urbain. Petit ou grand, tout projet de ville qui va dans le sens d’une saine complexité a le pouvoir d’enthousiasmer les architectes, heureux de pouvoir contribuer à construire la Wallonie.

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Olivia Castelein

Chef D’édition

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