Plateforme pour le bâtiment, le génie civil et les infrastructures
Projets

La MAP, un bâtiment pas comme les autres, y compris pour l’entrepreneur général

Avec le bois, on a pu utiliser des machines plus petites, plus légères et plus rapides qu’une grue-tour traditionnelle.

Texte | Michel Charlier

Photos | Philippe SAMYN and PARTNERS, architects & engineers

28 mars 2022 Temps de lecture 8 minutes

Partager cet article

La Maison Administrative de la Province de Namur (MAP) a déjà fait l’objet d’un article il y a quelques mois dans ce même magazine. Un bâtiment exemplaire, étonnant de par sa forme et son modèle constructif puisqu’il fait la part belle au bois. Un projet qui a également apporté son lot de nouveautés pour l’entreprise générale Jan De Nul, pourtant rompue aux constructions imposantes et à la collaboration avec le bureau Philippe Samyn and Partners srl.

L’entreprise générale est partie d’un cahier des charges assez simple et épuré, contenant essentiellement les impositions et laissant pas mal de libertés concernant les techniques spéciales, l’aspect écologique ou les matériaux à utiliser. « L’architecte souhaitait que le bâtiment soit démontable et modulaire, ce que permettent les 8 patios rectangulaires composant le projet », explique Nelson Moors, gestionnaire de projets au sein de l’entreprise générale Jan De Nul. « Le bâtiment devait également être surélevé, pour limiter les risques d’inondations et permettre aux eaux de pluie de s’infiltrer plus facilement dans le sol. » Un choix conscient mais également économique : « Nous avons essayé de toucher le moins possible au relief naturel et à l’écosystème », expliquait Philippe Samyn il y a quelques mois. « Avec l’aide de nombreux bureaux d’études, nous avons analysé le ‘génie du lieu’, les spécificités du site, ce qui nous a permis de construire de la manière la plus économique possible. »

La MAP, un bâtiment exemplaire, étonnant de par sa forme et son modèle constructif puisqu’il fait la part belle au bois.

Du bois en lieu et place de béton

Un entrepreneur général a plutôt l’habitude d’utiliser du béton. Ici, point de béton mais une ossature bois, un véritable exploit pour un bâtiment d’une telle superficie – un peu plus de 10 000 m² – avec de telles portées. Nelson Moors : « Construire un bâtiment en béton nécessite énormément de manutention. Avec le bois, nous avons pu utiliser des machines plus petites, plus légères et plus rapides qu’une grue-tour traditionnelle. Travailler avec un gros-œuvre préfabriqué et fermé a également demandé d’autres techniques de montage, plus simples et plus rapides. Avec le bois, une fois la toiture posée, le bâtiment est étanche et sec. On gagne donc pas mal de temps pour la phase de parachèvement, il n’y a pas de temps de séchage. On ne carotte pas dans le béton, on utilise moins d’eau et on produit moins de poussière. Les découpes dans le bois sont plus simples et ont même été, pour la plupart, prévues lors de la préfabrication. La qualité de l’air pendant le chantier était meilleure et nous sentions la différence avec un bâtiment en béton, plus cru, plus froid et plus humide. » 

Les châssis ont été placés sur site, afin de garantir un excellent alignement des fenêtres.

Un partenariat solide et efficace

« Pour ce projet, nous avons dû trouver un partenaire capable d’offrir une solution technique et de fabriquer tous les éléments dans les délais impartis. » Ce partenaire, c’était l’entreprise Mobic. « Ensemble, et avec le bureau Philippe Samyn and Partners srl, nous avons adapté la proposition de base, qui consistait en l’installation de poutrelles métalliques de 12 m de portée reliant les façades aux patios. L’enjambement des poutrelles rendait difficile le passage des machines ainsi que l’acheminement et le stockage des matériaux. Avec Mobic, nous sommes revenus à un système standard de plancher continu dès le départ, sans obstacle. C’est ainsi que les poutrelles métalliques ont été remplacées par des poutrelles en bois, plus nombreuses et plus hautes car elles sont moins résistantes que l’acier. Ces poutrelles sont des poutres treillis, c’est à dire des poutres reconstituées, composées d’éléments de petites sections en bois et assemblés les uns aux autres pour former une poutre d’une grande longueur, ce qui permet de franchir la portée de 12 m et de reprendre les efforts utiles. Un plancher en OSB a été directement posé par-dessus pour créer ce plancher continu. » 

Poutrelles, cadres de façade, bardages… tout a été préfabriqué en atelier, à l’exception du plancher en OSB et des châssis. Concernant ces derniers, « il était trop risqué, avec les tolérances du bois, de les installer dès la phase de préfabrication et d’avoir des façades qui n’auraient pas été pas totalement alignées », précise Nelson Moors.

La MAP, bâtiment préfabriqué, essentiellement en bois, avec un étonnant système de ventilation naturelle, n’est définitivement pas un bâtiment comme les autres, que l’on soit concepteur, constructeur ou occupants…  

Fiche technique
  • Maître d’ouvrage Province de Namur & BEP
  • Architecte Philippe Samyn and Partners srl, architects & engineers
  • Entreprise générale Jan De Nul nv
Newsletter

S'inscrire pour recevoir les dernières actualités

Contact

Olivia Castelein

Chef D’édition

Envie de découvrir nos formules de partenariat ? Je serais heureuse d'en parler avec vous.

0%

    Envoie-nous un message