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La Province de Liège investit dans la sauvegarde et la mise en valeur de son patrimoine historique
Après plusieurs années d’études préalables, un chantier de restauration de grande ampleur a démarré en novembre 2017 pour s’achever en octobre 2023 (photo : Ets G Moury)

La Province de Liège investit dans la sauvegarde et la mise en valeur de son patrimoine historique

Propriété de la Province de Liège depuis 2000, le majestueux Château de Jehay a peu à peu dévoilé des « fatigues structurelles », menant à sa fermeture au public en 2013. Après plusieurs années d’études préalables, un chantier de restauration de grande ampleur a démarré en novembre 2017. Cette première grande étape s’est achevée en octobre 2023 mais la Province de Liège poursuit son engagement financier et humain pour conserver ce témoin unique de l’Histoire tout en invitant le public à le découvrir durant sa restauration.

Depuis plusieurs années, le château de Jehay appelait à une inspection approfondie de son enveloppe fatiguée : la liste des usures et « petites pathologies » s’allongeait sans que des réponses claires ne puissent être formulées. 

Plongée dans l’inconnu

Contrairement à la construction d’un bâtiment neuf, la rénovation d’un bâtiment ancien est un exercice semé d’inconnues. L’architecte qui dessine un mur est certain de sa composition, et donc de ses capacités structurelles. À l’inverse, lorsque le mur est déjà existant, le maître d’œuvre ne peut certifier spontanément sa qualité. 

Dès lors, il fut indispensable de définir l’anamnèse du bâtiment, c’est-à-dire son histoire et celles de ses pathologies. Dans cet objectif, de nombreuses études préalables s’enchaînèrent sur plusieurs années : les plans d’origine, lacunaires, furent mis à jour et complétés ; les structures en bois firent l’objet d’analyses de stabilité, d’études phytosanitaires et dendrochronologiques ; un levé géodésique, des carottages et une inspection structurelle furent effectués sur les façades et leurs fondations ; une étude de pétrographie vint compléter les connaissances de l’histoire du château… Les conclusions de ces différentes approches confirmèrent progressivement l’idée de la nécessité d’une sérieuse restauration.

Charpente de la tour sud en cours de restauration

Un legs aux générations futures

Une réflexion profonde naquit au sein de la Province de Liège quant à l’avenir qu’elle pouvait offrir à ce Patrimoine unique en Wallonie. Par-delà la question financière, il s’agissait surtout de justifier les raisons d’un éventuel investissement majeur. La philosophie de la restauration critique et le bon sens commun imposent d’investir des fonds uniquement s’il y a un objectif concret et respectueux du patrimoine. La Province de Liège prit finalement la décision de relever le défi, de prendre ce bien et ses pathologies à bras le corps au nom des générations futures, de la volonté de transmettre à celles-ci un bien public sain et apte à traverser les siècles à venir. C’était aussi l’occasion de générer un pôle des savoir-faire de la construction traditionnelle et de la faire découvrir aux spécialistes et au grand public.

Marier l’ancien et le nouveau

Un vaste dossier de restauration fut étudié par les services internes de la Province de Liège en collaboration avec les services de l’AWaP. De nombreux entrepreneurs et bureaux d’études participèrent à la meilleure compréhension du bien en exécutant les travaux d’étude et d’aménagement préalables des lieux. Il n’était pas seulement question de « réparer » un bien ancien, mais aussi de l’intégrer dans son époque et les exigences de celles-ci en matière, de sécurité, de confort, de préservation de son mobilier d’exception… De proposer un mariage heureux entre l’ancien et le nouveau, d’éviter le feu du neuf sur le séculaire.

Ainsi, les travaux de restauration des structures portantes ont finalement été entamés en novembre 2017. Ils ont progressé au rythme des contraintes imposées par les douves, par l’emploi de matériaux traditionnels ainsi que par les découvertes fortuites et adaptations nécessaires en cours de route. Au niveau du cahier des charges, les entreprises avaient l’obligation d’utiliser de la main d’œuvre artisanale afin de valoriser et garantir la qualité des techniques d’hier et d’aujourd’hui.   “

Une palette d’artisans

La diversité des intervenants permit d’apporter une réflexion riche à chaque étape du chantier. Sur place, une équipe pluridisciplinaire entièrement dévolue au château était présente : charpentiers, couvreurs, menuisiers, maçons, tailleurs de pierre, ferronniers, historiens, architectes, géo­mètres, gestionnaires de chantier, ingénieurs, techniciens, agents de l’AWaP, représentants de la Commune… C’est de la collaboration et de l’entente de ses hommes et femmes de métier que dépendait la qualité de la restauration à proprement dite. Au vu des connaissances et des compétences très diversifiées en présence, il convenait de rester toujours à l’écoute de chaque point de vue. Une véritable expérience humaine, où chaque corps de métier apprit de l’autre.

Vue sur la charpente de l’aile centrale en cours de restauration

Un chantier mené à bien, qui en annonce d’autres

Si cette première grande restauration s’est achevée en octobre 2023, l’intérêt de la Province pour ce patrimoine ne diminue pas pour autant : d’autres dossiers de restauration sont en préparation ou en cours d’exécution, tout en conservant une volonté de maintenir le chantier accessible au public à travers des visites guidées. Il s’agit de présenter et faire découvrir une image du savoir-faire régional dans le respect et l’amour du bâti ancien.

Ainsi, le Château de Jehay reste en perpétuelle évolution avec le grand public comme témoin et les artisans comme acteurs. Le tout, dans le respect et l’humilité qu’il convient d’avoir pour ce monumental témoin de notre histoire à l’ombre duquel nous ne sommes que de modestes intervenants de passage.  

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