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La Sucrerie, un bâtiment polyvalent, appelé à grandir

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21 février 2020 Temps de lecture 9 minutes

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‘Ceci n’est pas qu’un centre culturel’ ! En effet, si elle en a l’apparence et les fonctionnalités, La Sucrerie est aussi un lieu de rencontres favorisant le maillage local, un assemblage de cubes avec porte-à-faux et demi-niveaux, un bâtiment exemplaire aux hautes performances énergétiques et encore bien d’autres choses. En résumé : un espace PO-LY-VA-LENT.

L’histoire de la Sucrerie débute en 2007, lorsque la Ville de Wavre décide de créer, dans un endroit désormais en friche, un outil destiné en priorité à sa population, afin de mettre en place des projets communs et de tisser un maillage culturel. Six ans après le lancement du concours d’architecture, le chantier démarre fin 2016 et s’achève trois ans plus tard. Il aura coûté en tout 24,5 millions €, un peu moins que ce qui était prévu au départ.

Au rez-de-chaussée, il est possible d’ouvrir l’ensemble de la zone – salles polyvalentes, couloir intermédiaire et grande salle – pour porter la surface totale à 1 300 m2.

 

Mot d’ordre : polyvalence

La proposition architecturale des bureaux A.D.E. Architects et Montois Partners permettait, de manière originale, de garantir la polyvalence des espaces et la multiplicité des fonctions, points essentiels de la demande du maître d’ouvrage. Marc Stryckman, architecte associé chez A.D.E : « La polyvalence est véritablement la pierre angulaire de ce projet. L’idée de travailler sur des modules qui s’emboîtent à la manière d’un jeu d’enfant s’est rapidement imposée pour démontrer la polyvalence du lieu, sa mixité mais aussi permettre, si besoin, sa croissance. Cette architecture construite autour d’un assemblage de cubes, avec plusieurs porte-à-faux et demi-niveaux, permettait en outre d’élaborer une esthétique pure et contemporaine. » Tant Marc Stryckman que Jean-Louis Decock, directeur des travaux pour l’entreprise générale Strabag, louent cette polyvalence des espaces et des techniques, mais reconnaissent qu’elle représentait un véritable défi et a exigé des études préalables très poussées, notamment concernant les circulations des visiteurs et des utilisateurs. Exemple de cette polyvalence : un rez-de-chaussée totalement modulable en fonction de l’événement organisé, avec des cloisons qui peuvent être enlevées pour atteindre une grande zone exploitable de 2000 m2, idéale pour des foires ou des salons.

Les avantages du béton

« Le bâtiment a été pensé dès le départ en béton », explique l’architecte. « La Sucrerie étant située à proximité d’une voie ferrée, aucune concession n’était permise concernant l’acoustique. De plus, les propriétés de résistance au feu du béton sont particulièrement intéressantes dans le cadre d’un bâtiment destiné à accueillir un public nombreux. La polyvalence des espaces engendrant également des portées importantes tout en minimisant les points d’appui, une structure en béton offre de plus la possibilité d’accrocher des équipements temporaires en fonction de la demande. » Quant à l’utilisation d’éléments préfabriqués, elle s’est imposée d’elle-même pour des questions de performances, de rapidité de pose, de standardisation (renforcée par le BIM) et de coûts (moins de coffrage).

La Sucrerie est composée de modules qui s’emboîtent à la manière d’un jeu d’enfant.

 

Des soucis de fondations

« Les fondations du bâtiment ont été pour nous le premier défi à résoudre », se souvient Jean-Louis Decock. « Nous avons dû nous adapter à la réalité du terrain en remplaçant les colonnes ballastées prévues par des pieux battus préfabriqués d’une longueur de 30 m. Une nappe phréatique, où l’IBW pompe près de 100m3/h, se trouvait en effet sous le bâtiment, à 12-13 m de profondeur, protégée par une couche résistante. L’idée était d’appuyer les colonnes sur cette couche, pour ne pas risquer de polluer la nappe. Mais, pour des questions de stabilité et pour assurer la pérennité du bâtiment, nous avons changé de méthode tout en tenant compte de ces contraintes. »

Hautes performances énergétiques

La maîtrise durable des énergies représentait une belle opportunité à saisir afin d’obtenir un bâtiment exemplaire, à hautes performances énergétiques. Il n’existe cependant pas de critères spécifiques ‘bâtiment passif’ pour un projet comme celui-ci, car ses contraintes sont très particulières (volumétrie, conditions d’utilisations non-stop, nécessité de renouvellement d’air…). Toutefois, toutes les exigences passives sont appliquées tant au niveau de l’enveloppe que des installations techniques. L’économie réalisée sera maximale tout en garantissant un confort supérieur à un bâtiment conventionnel du même type. « 60000 kW seront produits annuellement par les panneaux solaires, ce qui couvrira environ 50% des besoins en électricité du bâtiment » , explique Sébastien Lemaître (Montois Partners). Quant à l’étanchéité à l’air, « elle est également nettement supérieure aux impositions légales », précise Jean-Louis Decock. Les critères PEB de la Région Wallonne seront donc respectés et même dépassés.

La grande salle de spectacles propose 880 places assises ou un espace de 600 m2 une fois les gradins complètement repliés.

 

Le(s) mot(s) de la fin

Marc Stryckman : « Ce projet, conçu il y a presque 10 ans, s’inscrit dans une optique d’évolution et de durabilité. Pas uniquement une durabilité par rapport au climat, mais également par rapport à sa propre évolution. »

Jean-Louis Decock : « la Sucrerie, bâtiment emblématique, peut devenir une véritable référence pour la commune, un point de départ pour d’autres projets qui donneront à Wavre une nouvelle aura, une nouvelle envergure. »    

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Olivia Castelein

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