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Carte blanche

Nos infrastructures ont besoin de ­programmation et de temps pour être rénovées 

PAD-200325
Patrice Dresse, Directeur Général de la Fédération des Entrepreneurs Généraux de la Construction (FEGC)

19 janvier 2022 Temps de lecture 4 minutes

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Nos gouvernants s’attèlent actuellement, dans le cadre du plan de relance européen, à un ambitieux exercice de rattrapage sur le front de l’entretien de nos infrastructures. Faut-il le rappeler, depuis près de 40 ans en effet, la Belgique désinvestit structurellement dans ses infrastructures. Nos investissements publics, qui étaient de l’ordre de 5 % du Produit Intérieur Brut (PIB) au début des années ‘80, tournent, bon an mal an, entre 2,3 % et 3,1 % du PIB aujourd’hui. Ce qui fait dire à la Banque nationale : « Depuis la fin des années 1980, les nouveaux investissements parviennent à peine à compenser la dépréciation du capital du chef des investissements antérieurs. Les investissements nets sont donc très faibles, voire négatifs certaines années ». Avec une conséquence accablante : avec des dépenses publiques parmi les plus élevées au monde et une dette publique importante, l’Etat belge lèguera à nos enfants des infrastructures en-deçà du niveau auquel nous les avons reçues.

L’objectif actuel de pérennisation de notre patrimoine doit dès lors être salué. Si le but annoncé – parvenir à des investissements publics structurels de 3,5 % du PIB d’ici 2024, et viser les de 4 % en 2030 – est ambitieux, il appelle à mon sens deux commentaires. Il doit d’une part être pérenne dans le temps. Inutile de consentir un effort passager pour deux ou trois ans. Le secteur de la construction investira lui-même, notamment en formation, s’il perçoit une programmation des investissements à moyen et à long terme. Il doit ensuite s’accompagner d’une simplification administrative et d’une activation de notre organisation administrative, y compris en faveur des investissements privés. Pensons notamment aux délais nécessaires en matière de permis d’urbanisme ou encore à la non-publication des résultats des adjudications qui peuvent avoir pour effet de freiner ou de complexifier considérablement les futurs chantiers à venir.

Un dernier effort devra être consenti par le secteur lui-même. Il devra ainsi rappeler à nos concitoyens que la rénovation et l’entretien de nos infrastructures ont des effets directs sur leur vie… mais qu’il est plutôt recommandé de suspendre temporairement l’utilisation d’un pont, d’une route, d’une voie de chemin de fer ou d’un tunnel plutôt que de vouloir à tout prix opérer sur une infrastructure en activité, ce qui signifie des travaux plus longs, plus délicats et plus dangereux pour la vie des ouvriers sur chantier, comme une récente campagne de la FEGC l’a rappelé.  

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