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Parking de dissuasion sur 5 niveaux, Anderlecht | Un P+R aérien, accessible et accueillant

16 octobre 2019 Temps de lecture 11 minutes

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Le 19 mai dernier a été inauguré à Anderlecht un parking de dissuasion sur 5 niveaux, le premier d’une série visant à contribuer à la décongestion de la capitale en favorisant la multimodalité. Le nouveau parking offre en effet 1200 emplacements pour voitures privées, 150 emplacements pour motos/voitures partagées et 270 places pour vélos. Situé le long du Ring Ouest et visible depuis le ring, le nouveau P+R profite d’une remarquable accessibilité et d’une localisation privilégiée par sa proximité avec la station de métro CERIA, un itinéraire cyclable, deux campus d’enseignement supérieur et des sites commerciaux d’envergure.

D’une surface totale de 30 000 m2, cette réalisation est le résultat d’un appel d’offres public en Design Build Finance de Bruxelles Mobilité remporté en 2016 par Willemen Group, agissant comme maître d’ouvrage avec les architectes de DDS+, Franki (entrepreneur général), Arcadis (bureau d’étude stabilité et techniques) et Avantgarden (aménagements extérieurs) en bouwteam. Frédérique Mawet, Project Manager chez Arcadis : « Nous avons fonctionné en équipe. Les enjeux principaux du projet étaient évidemment le coût mais aussi la fonctionnalité du parking. »

Le site présente quelques particularités portant à conséquence, notamment en matière de stabilité. Ainsi, le terrain en pente a engendré un parking légèrement en escalier car il était impossible d’en enterrer une partie sans perdre la qualification de parking ouvert. La rampe d’accès au parking se situant plus bas que la montée d’autoroute sur le ring, il a fallu procéder à quelques blindages et terrassements de ce côté. Une partie de la rampe est en porte-à-faux. En outre, le bâtiment est construit sur pieux, tenant compte de la capacité portante du sol. Enfin, une conduite de gaz Fluxys passant à proximité, des précautions ont été prises lors des terrassements, notamment pour le talus et le soutènement entre le Brico et le bâtiment. Livré CASCO (façade, structure, fléchage au sol, …), le parking aérien a fait l’objet d’un autre marché pour son équipement (comptage des places, contrôles d’accès, orientation dans le parking, …) et son exploitation.

Un parking visuellement attractif

Là où, jadis, la totalité de la parcelle était occupée par un parking à ciel ouvert appartenant déjà à la Région de Bruxelles-Capitale, on trouve à présent un bâtiment visuellement attractif avec une emprise au sol réduite.  Didier Peremans, architecte en charge du projet chez DDS+ : « Nous voulions une image attirante pour le parking, loin de la traditionnelle ‘boîte à chaussures’. Tout est basé sur la diagonale, avec notamment les colonnes en V aux niveaux inférieurs, qui cassent la verticalité typique de ce type de bâtiment. Les lignes diagonales se poursuivent aux étages grâce à une façade en métal déployé, un matériau par ailleurs suffisamment accessible pour remporter le marché. » En travaillant sur deux mailles de métal, ce matériau joue avec la lumière et les reflets et apporte une vibration esthétique à l’ensemble de la composition. Un jeu de couleurs à l’intérieur du parking permet de différencier les étages et de générer une signalétique simple.

Didier Peremans : « Nous avons organisé une visite du parking pour l’équipe de DDS+. Tous se sont montrés surpris par la clarté, la luminosité et le côté agréable du parking. Il y a très peu de colonnes à l’intérieur, ce qui donne un sentiment d’espace et d’ouverture assez surprenant. Et, de nuit, l’éclairage des façades procure une très grande visibilité au bâtiment. »    

Les lignes diagonales se poursuivent aux étages grâce à une façade en métal déployé qui joue avec la lumière et les reflets et apporte une vibration esthétique à l’ensemble de la composition.

 

Un parking sûr

Le métal déployé a également un rôle fonctionnel en ce sens qu’il assure la perméabilité à l’air du bâtiment et constitue un garde-corps mais aussi un système anti-intrusion. « Il fallait donc une façade assez fermée pour avoir l’impression de se trouver dans un bâtiment mais quand même suffisamment perméable pour permettre une ventilation naturelle au sens où l’entendent les pompiers. La largeur du bâtiment étant légèrement supérieure à 60 mètres, une dérogation fut malgré tout nécessaire pour éviter les installations de sprinklage et de désenfumage. »

La force du projet réside dans la clarification des espaces afin d’offrir un bâtiment adéquat à tous les utilisateurs. Le bâtiment évite le croisement entre les différents types d’utilisateurs et optimalise la circulation interne du parking. Une distinction nette a été faite entre la zone pour les voitures privées aux étages, et la zone multimodale destinée aux motos, vélos et voitures à usage alternatif et/ou plus durable (co-voiturage, partagé, électrique…) au rez-de-chaussée. Afin de répondre aussi à une accessibilité pour tous, une attention particulière est portée sur l’accès pour personnes à mobilité réduite.

Le parking est sécurisé non seulement pour les voitures, mais aussi pour les vélos, la moitié des emplacements étant protégés par un grillage avec contrôle d’accès).

Le métal déployé a également un rôle fonctionnel en ce sens qu’il assure la perméabilité à l’air du bâtiment et constitue un garde-corps mais aussi un système anti-intrusion

 

Un parking convivial et durable

L’emprise au sol réduite du bâtiment permet d’améliorer la perméabilité du sol et de réduire l’impact visuel depuis la Chaussée de Mons. L’espace dégagé est réattribué en zones vertes paysagères.  Une placette dédiée aux piétons et aux cyclistes peut accueillir un ou deux petits commerces de type librairie ou point vélo, propices au trafic de navetteurs, afin de favoriser la convivialité tout en effectuant un contrôle social du lieu.

Le côté végétal n’est pas oublié. Un nouveau talus végétalisé sert d’écran acoustique vis-à-vis des nuisances sonores du ring. Arbres et plantations participent à l’embellissement du site tout en rafraichissant l’atmosphère. La gestion des eaux pluviales est réalisée de manière à favoriser l’infiltration des eaux directement sur le site, grâce notamment à un wadi. Finalement, les toitures n’ont pas été végétalisées, afin de garder ouverte la possibilité de rehausser le bâtiment avec une structure pouvant accueillir des panneaux photovoltaïques ou de petites éoliennes.   

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Olivia Castelein

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