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Préfabrication : les façades font parler d’elles

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22 avril 2020 Temps de lecture 10 minutes

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Loin des clichés et des étiquettes péjoratives qui collaient aux bâtiments ‘en préfabriqué’ il y a 30-40 ans, les façades préfabriquées renferment aujourd’hui un énorme potentiel et offrent énormément de possibilités. Tour d’horizon des avantages de la préfabrication des façades, structurelles ou rideau, en bois, en aluminium ou en béton et zoom sur quelques projets récents l’ayant mise en œuvre.

La préfabrication actuelle se détache de l’étiquette péjorative de ‘fabrication en série de mauvaise qualité’, que l’on associait aux bâtiments préfabriqués des années d’après-guerre.

Project: Philippe SAMYN and PARTNERSRendering: ASYMETRIE

Les façades ne sont qu’un des éléments préfabriqués de la Maison Administrative Provinciale. Tout le bâtiment est en réalité préfabriqué (visualisation Samyn & Partners).

 

Avantages

Produire en série d’éléments standardisés permet de réaliser de sérieuses économies d’échelle, d’optimiser les transports et de raccourcir le temps d’intervention sur chantier, qui coûte aussi de l’argent. La préfabrication est aussi synonyme de davantage d’ordre et de sécurité sur le chantier. Un chantier qui, « dans le cas de constructions préfabriquées en bois et en acier, reste propre et sec, sans eau ni poussière », selon Denis Mélotte, architecte associé chez Samyn & Partners architects & engineers. Le chantier s’avère également moins bruyant et génère moins de déchets qu’un chantier ‘normal’ (diminution entre 35% et 100%). Et, en rénovation, la préfabrication limite les désagréments pour les occupants.

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La brique d’origine du bâtiment HD54 est recouverte d’une enveloppe faite de panneaux de bois préfabriqués, bardée de délicates mosaïques de céramique (photo architectesassoc).

 

Inconvénients et points d’attention

Des soucis apparaissent parfois en raison des différences entre les tolérances (centimétriques) des structures et celles (millimétriques) des éléments préfabriqués de second-œuvre. Il faut alors trouver des solutions créatives pour ’rattraper‘ ces écarts. Quant aux coûts, ils se déplacent. La préfabrication coûte plus cher dans la phase de préparation et de construction, mais ce surcoût est compensé par la réduction du temps d’exécution, une phase habituellement plus lourde pour les constructeurs, l’architecte et l’environnement.

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GreenBizz, une ossature bois préfabriquée pour des façades rideau fixées sur une superstructure en béton (photo Denia Zerouali).

 

Des projets namurois

Le Centre Régional d’Aide aux Communes (CRAC), construit dans les années ’60, devait renouveler son enveloppe pour juguler les déperditions d’énergie et éviter la surchauffe des bureaux. Le choix, innovant pour un bâtiment public, s’est porté sur des caissons en bois préfabriqués à encastrer dans la façade et à parer, pour ensuite procéder à la dépose des châssis existants. L’entreprise Machiels Building Solutions a pris toutes les mesures par drone puis a réalisé la préfabrication des caissons avec des châssis triple vitrage en aluminium, une isolation et un parement en tôles d’acier.

La (future) Maison Administrative Provinciale de Namur, conçue par Samyn and Partners architects & engineers se caractérise quant à elle par sa préfabrication totale. Les façades sont des assemblages d’éléments préfabriqués (2,70 m l x 8,10 m h), chacun composé de colonnes et de linteaux avec un bardage en peuplier rétifié. Sur ces éléments de façade, on a fixé des cornières (profils en L) en acier afin d’y appuyer les planchers, faits de poutres elles aussi préfabriquées. Environ 500 châssis (pré)fabriqués sur plan, d’un petit nombre de modèles, seront installés dans la Maison Provinciale.

Quant au bâtiment Belfius Combattants, qui fait partie de la future ‘Courgette’, sa façade sera composée de cassettes préfabriquées en aluminium aux grandes baies vitrée.

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Les caissons préfabriqués en bois, encastrés sur les façades existantes, rend désormais le bâtiment du CRAC peu énergivore (photo Urban Architectes).

 

Des projets bruxellois

A Bruxelles, le bureau architectesassoc s’est spécialisé dans la conception de façades préfabriquées en bois et en béton. Pour la rénovation d’un immeuble de bureaux (projet HD54) à Auderghem, ils ont imaginé faire ‘disparaître’ la brique d’origine en la recouvrant d’une enveloppe faite de panneaux de bois préfabriqués et bardée de délicates mosaïques de céramique. Le projet GreenBizz (Laeken) intègre quant à lui des façades rideau composées d’éléments d’ossature bois préfabriqués. Les façades sont fixées à une superstructure en béton. Enfin, pour la construction d’Aeropolis II (Schaerbeek), les façades rideau en bois préfabriquées sont composées seulement de trois modules différents, chacun étant indépendant et livré avec son remplissage et sa finition. Cette façade repose sur une superstructure en béton, également préfabriquée. La préfabrication des modules est totale puisqu’elle comprend toutes les finitions, câbles électriques inclus.

Le siège de la BNP-Paribas-Fortis

Un facteur-clé du prestige de ce bâtiment réside dans sa façade futuriste, constituée d’une structure de 1280 colonnes verticales en béton blanc préfabriqué, rehaussé de granulats verts choisis avec soin. Ce ‘squelette’ autoportant en béton constitue la façade extérieure du bâtiment et abrite une façade vitrée. La préfabrication de cette structure représente une véritable prouesse technique, en raison de ses critères esthétiques poussés, de ses propriétés thermiques et des tolérances à respecter.    

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Jonathan Huppez

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