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Béton

Quel avenir pour le béton ?

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Projet ZIN à Bruxelles : les noyaux de circulation des anciennes tours seront conservés dans le nouveau bâtiment.(Photo : Wouter Polspoel)

Texte | Michel Charlier

11 mars 2022 Temps de lecture 8 minutes

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Le béton est responsable d’environ 8% de l’empreinte carbone sur la planète, ce qui en fait l’une des industries vers lesquelles on se tourne pour parvenir à une Europe décarbonée endéans les 30 ans. Différents plans existent et les fabricants eux-mêmes réfléchissent à comment produire du béton moins polluant ou à comment le recycler. Avec un seul objectif : contribuer à une construction circulaire et neutre en carbone en 2050, qui continuerait à utiliser le béton.

« Pour produire du béton, il faut utiliser une énorme quantité de combustible », expliquait récemment Lionel Devlieger de RotorDC. « Une importante quantité de CO2 est libérée lors de la fabrication de ce combustible, et plus encore lorsque le calcaire est brûlé. De cette façon, vous obtenez une double émission de CO2. Les producteurs de béton sont bien conscients de ce problème, qui n’est pas facile à résoudre car le processus de production du béton est très particulier. »

Un éco-béton est-il possible ?

Fin 2019, la Commission européenne lançait le ‘Pacte vert pour l’Europe’ afin de lutter pour une Europe climatiquement neutre et circulaire. Conformément à ces objectifs, le projet européen URBCON a été mis en place pour rechercher et développer des formes innovantes d’éco-béton, afin d’accélérer la circularité du secteur du béton, en intégrant les flux de déchets industriels ou en améliorant le recyclage et le surcyclage des matériaux de construction. Missionné par URBCON, IDEA Consult avait lancé une enquête pour cartographier l’acceptation d’éco-béton dans les entreprises de construction et dans des secteurs liés (architectes, logistique, gestion des déchets …). Aucun résultat de cette enquête ne semble cependant connu à l’heure actuelle. 

Avec sa ‘Roadmap 2050 du ciment et du béton’, la FEBELCEM a élaboré un instrument pour rendre le ciment et le béton plus respectueux de l’environnement à l’horizon 2050. (Photo : FEBELCEM)

Roadmap 2050 et Circular.concrete : en route vers le futur

Avec sa ‘Roadmap 2050 du ciment et du béton’, la Fédération de l’industrie cimentière belge (FEBELCEM) a élaboré un instrument pour rendre le ciment et le béton plus respectueux de l’environne­ment à l’horizon 2050. On y décrit comment le ciment, à travers la fabri­cation et l’utilisation du béton, pourrait contribuer à une con­struction circulaire et neutre en carbone. La Roadmap propose une transfor­mation en profon­deur de la chaîne de valeur de la construction et requiert l’engagement de chacun de ses acteurs (maîtres d’ouvrages, architectes, producteurs de matériaux, entrepreneurs, autorités publiques). Pour cela, le secteur cimentier devra intensifier les collaborations avec les autres secteurs industriels, notamment en matière d’électricité neutre, d’hydrogène et de transport et d’utilisation de CO2. Et il faut garder à l’esprit que cette transformation en profondeur nécessitera des investissements colossaux. 

En 2019, la FEBELCEM avait également lancé, avec plusieurs partenaires professionnels, le projet Circular.Concrete afin de mettre en pratique des innovations technologiques. La Fédération soulignait alors l’attention croissante portée, d’un point de vue politique, à l’empreinte environnementale des bâtiments et des structures, notamment par le biais de l’utilisation de TOTEM, ainsi qu’à une économie plus circulaire dans la construction, par le biais d’initiatives comme les Green Deals en Flandre et en Wallonie ainsi que le Programme régional en Économie circulaire (Bruxelles).

Avec une capacité de 450 000 t par an, la nouvelle unité de production de filler calcaire est la plus grande de ce type au Benelux. (Photo : Carmeuse)

Les fabricants au travail

Des alternatives plus respectueuses de l’environnement ont été fortement encouragées au cours des dernières années par le monde des entreprises et les centres de recherche et ce, à tous les maillons de la chaîne du béton : utilisation de granulats recyclés, types de ciment à plus faible empreinte environnementale, réutilisation des matériaux de construction, constructions plus modulaires et démontables, etc. Mais il est parfois difficile de passer du stade ‘laboratoire’ ou ‘prototype’ à une application plus courante sur les chantiers belges.

Deux fabricants viennent néanmoins de mettre en lumière leurs avancées dans le domaine. La CCB (Compagnie des Ciments Belges), dont la gamme de produits a été certifiée Cradle to Cradle™️ Silver, ce qui signifie que ces produits sont considérés comme sûrs, circulaires et fabriqués de façon responsable. Et le groupe Carmeuse, qui a inauguré tout récemment sur son site d’Aisemont une nouvelle unité de production de filler calcaire. Elle permettra au béton fabriqué avec 20% de ce produit de voir considérablement réduite sa production et son rejet de CO2 (on évoque ici le chiffre de 130 000 t par an rien qu’en Belgique).  

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