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Toiture verte : pas n’importe comment !

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Les toitures « vertes » ont le vent en poupe dans notre pays (projet Cityloft à Hasselt, photo UAU collectiv).

Texte | Philippe Selke

23 juin 2022 Temps de lecture 7 minutes

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Extensives, intensives ou de type intermédiaire, les toitures végétalisées, souvent appelées toitures « vertes », ont le vent en poupe dans notre pays. La croissance de ce marché (et de celui des façades végétalisées, qui est souvent servi par les mêmes entrepreneurs) a été confirmée par la création récente de la Fédération belge de la verdure en façade et en toiture. Celle-ci a été lancée en mai dans le cadre de la Confédération de la construction en collaboration avec la Fédération belge de la verdure (BFG).

Rien de nouveau sous le soleil cependant, puisque les habitants des pays nordiques notamment ont compris depuis longtemps l’intérêt de végétaliser leur toiture, essentiellement pour une question d’isolation. En visitant les îles Féroé, on ne s’étonnera pas de voir brouter des moutons sur le toit d’une habitation ou même quelqu’un tondre sa pelouse … sur le toit (même en pente !). Chez nous, des siècles plus tard, on s’apprête donc à réinventer la roue avec moult produits présentés comme novateurs, sûrs et « durables » … Autant le faire dans les règles de l’art. 

Végétaliser sa toiture ne se résume souvent pas à y disposer quelques plantes grasses. (Photo : Pixabay)

Manque de qualité et déficit d’innovation

Si les pouvoirs publics et les entreprises ont fait office de pionniers, l’intérêt des particuliers a cru ces dernières années, avec même un pic lié au confinement en 2021. Certains se lancent même seuls, sans passer par un entrepreneur spécialisé. On ne fait pourtant pas n’importe quoi sur un toit. Des aspects de stabilité et de sécurité s’imposent étant donné la charge que représente le substrat posé en toiture, ainsi que des questions d’étanchéité en lien avec l’enracinement des végétaux. Comme le souligne le CSTC, « la qualité des toitures végétalisées laisse parfois à désirer. Par exemple, il y a un manque de contrôle de la qualité des produits sur le marché, les directives existantes ne sont pas à jour (la note d’information technique 229 sur les toitures vertes datant de 2006) et les spécifications ne sont pas très concrètes. En conséquence, il y a aussi peu de place pour l’innovation et souvent un manque de coordination entre les différentes parties impliquées dans la construction. De plus, le secteur demande des solutions circulaires contribuant à la robustesse climatique des villes. »

Green Roof Up

Ce à quoi entend répondre entre autres le projet Green Roof Up, mené jusqu’en septembre de cette année dans le cadre du Green Deal flamand. Ce projet vise à provoquer une transition qui assure plus de qualité, d’uniformité, d’innovation et de circularité dans le secteur des toitures vertes, ce qui doit entraîner une augmentation encore plus forte de la demande et de la construction de toitures vertes biodiversifiées. Pour cela, des lignes directrices concrètes seront élaborées et largement diffusées, encourageant l’augmentation des connaissances dans le secteur de la construction. Des options seront développées pour rendre les substrats de toitures vertes plus durables en utilisant des matériaux de construction miniers urbains, et différents types de toitures vertes seront installées dans un banc d’essai de démonstration et surveillées, ce qui permettra de proposer les systèmes de toitures vertes les plus fonctionnels et qui contribuent à un climat urbain sain. 

Les habitants des pays nordiques ont compris depuis des siècles l’intérêt de végétaliser leur toiture, comme ici dans la capitale des îles Féroé. (Photo : Pixabay)

S’informer correctement

En Wallonie où, sauf erreur, aucune initiative similaire n’est en cours, on attend de voir ce qui se fait plus au nord pour s’en inspirer. Certaines communes, par exemple dans le cadre de leur PCDN, ont bien publié des fiches techniques, comme c’est le cas de la Ville de Liège, mais celles-ci portent davantage sur les types de substrats et de végétaux que sur les aspects constructifs. A ce jour, l’information la plus complète et la plus fiable disponible en français est sans doute celle du site Guide Bâtiment durable de Bruxelles Environnement.    

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