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Un projet faussement simple

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Pour assurer le bon fonctionnement des 27 km de rayonnages motorisés, la réalisation du sol en béton lissé fut un défi.

Texte | Philippe Selke

Photos | Lauriane Genart – Duchêne SA

12 janvier 2022 Temps de lecture 8 minutes

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Archives communales et réserves des musées de Charleroi

On en parlait depuis plus de 15 ans mais, cette fois, c’est fait ! L’ancien bâtiment industriel de 6000 m2 acquis par la Ville de Charleroi sur le site des ACEC a été rénové et équipé pour recevoir archives, œuvres d’art, ainsi que le personnel en charge de ces fonds. Menée par l’entrepreneur Duchêne (Groupe Eiffage), cette rénovation lourde aura finalement duré deux ans. Une fois tous les archives et les œuvres en place et les abords aménagés, il ne restera plus qu’à faire vivre la mémoire du passé !

Le bâtiment rénové comprend une partie bureaux.

Le programme de cette rénovation était triple : permettre le regroupement dans de bonnes conditions des archives, jusqu’alors réparties en plusieurs endroits de la ville ; créer une zone de stockage pour le Musée du Verre et les Beaux-Arts ; accueillir différents services de la Ville comme celui du nettoyage.  

Pour la Ville de Charleroi, Duchêne a procédé à la rénovation lourde d’un bâtiment industriel de 6000 m2 sur l’ancien site des ACEC.

Péripéties de chantier

Démarré il y a 2 ans, le chantier est resté longue­ment à l’arrêt, d’abord en raison de la pandémie de coronavirus, ensuite à cause d’une suspension de permis. Emmanuël Franc, Directeur Bâtiment Hainaut chez Duchêne : « Au départ, notre mission consistait, en ce qui concerne l’extérieur, à redonner simplement un coup de jeune aux façades. Mais celles-ci se sont avérées plus délabrées que prévu, si bien que nous avons dû remplacer la totalité du bardage métallique.   “

En toiture, nous avons isolé et recouvert les bacs acier existants d’une membrane EPDM. Quant à la structure portante en acier, nous l’avons rendue résistante au feu. »

Côté intérieur, il fallait équiper le bâtiment pour qu’il puisse remplir sa mission : on compte ainsi non moins de 27 km de rayonnages motorisés pour les archives (voir article suivant), un ensemble de grilles mobiles destinées à y suspendre les œuvres picturales dans un espace climatisé, ainsi que des bureaux.

Quant aux techniques spéciales, elles ont été repensées, avec un système d’hygrométrie et de chauffage à tolérance élevée pour les œuvres de type « tableau » et les réserves précieuses de la ville. 

Les techniques spéciales ont été pensées pour une bonne conservation des œuvres et réserves précieuses de la ville.

Trompeuse simplicité

En voyant le résultat, on pourrait penser que tout fut simple. Les apparences sont trompeuses, le souci se cachant dans certains détails d’exécution. Ainsi, concernant la planéité du sol en béton lissé : « On procède à un lissage par hélicoptère et, au niveau des rails, il faut veiller à ne pas causer de fluage, ce qui entraverait le roulement des rayonnages motorisés. » De plus, pour le déplacement des rayonnages, le niveau du sol doit être rigoureusement constant sur toute la surface, bien plus que pour un hall industriel classique. « Comme on travaillait sur une dalle existante, il nous a fallu compenser les différences de niveau avec des surcharges de béton et des résines. » 

Autre défi : mettre le bâtiment aux normes de sécurité incendie. Si traiter la charpente métallique avec une peinture intumescente est simple, réaliser le compartimentage RF au sein de cette structure en acier aux nombreux contreventements le fut beaucoup moins. En outre, dans le hall dédié aux archives, des contreventements entravaient les chemins de fuite. Il a donc fallu par endroits modifier la charpente métallique pour que cela soit compatible avec les exigences liées à l’évacuation du bâtiment et ce sans en affecter la stabilité. 

Réaliser le compartimentage RF au sein de la charpente en acier ne fut pas simple.

Dialogue constructif

L’atout de Duchêne était dans ce cas de pouvoir combiner ses compétences en construction de halls industriels avec son savoir-faire en rénovation. C’est d’ailleurs Borriero Patricio, un gestionnaire de chantier particulièrement expérimenté, qui a œuvré sur place, bien épaulé par Gérard Louis, conducteur de travaux. Duchêne a réalisé le gros œuvre avec sa propre main d’œuvre, tandis que le bardage et les techniques spéciales ont été sous-traités à des entreprises spécialisées. 

Emmanuël Franc : « Nous avons eu la chance de réaliser ce projet en totale collaboration avec la Ville, dans un dialogue constructif, ce qui est important étant donné les surprises que nous avons connues. La Ville s’est montrée rigoureuse mais juste. Elle a sans cesse recherché des solutions avec nous. » Et a ainsi contribué au résultat que le public pourra bientôt découvrir sur le Technopôle La Villette.  

On y trouve notamment un ensemble de grilles sur rail destinées à y suspendre les œuvres picturales dans un espace climatisé.
Fiche technique
  • Maître d’ouvrage Ville de Charleroi
  • Architecte Ville de Charleroi
  • Entreprise générale Duchêne (Groupe Eiffage)
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Jonathan Huppez

Chef D’édition

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