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Un véhicule de haut vol pour l’attractivité de Huy
« Pour la rénovation des stations, l’idée était que le soumissionnaire récupère au maximum l’existant pour pouvoir ensuite y loger la nouvelle machinerie. »

Un véhicule de haut vol pour l’attractivité de Huy

Depuis 1958 et jusqu’au 6 avril 2012, jour endeuillé par un dramatique accident d’hélicoptère, la rive gauche de la Meuse était reliée aux hauteurs de Huy (La Sarte) par un téléphérique. Depuis lors, l’eau a coulé sous les ponts et la ville a décidé de remettre un téléphérique en service. Deux marchés de service ont donc été passés pour, dans un premier temps, expertiser les dégâts occasionnés par l’accident de 2012, et ensuite mener une étude complète pour la rénovation et la modernisation du téléphérique. Ces deux missions ont été attribués à Contraste architecture (aujourd’hui UMAN Architect) associé au bureau d’études français E.R.I.C (Etudes et Réalisations d’Installations à Câbles).

Sur la rive gauche de la Meuse, non loin de l’esplanade Batta tout juste rénovée, la station aval du téléphérique n’attend plus que ses câbles et ses cabines.

Avec ses trois stations et son ascenseur au niveau du fort, le nouveau téléphérique transportera, outre des touristes, également des matériaux pour la restauration de ce dernier (inaccessible par la route), et ce grâce à un véhicule spécial qui pourra être mis sur les câbles à la place des cabines. Sébastien Deckmyn, Architecte associé chez UMAN Architect, qui s’est chargé avec son collègue Fabrizio Tengattini de la conception de la partie bâtiment du projet : « Rénover le fort pour y développer une offre touristique complète, en complément du parc d’attraction accessible par la station haute, fait en effet partie des ambitions communales. Le téléphérique sera donc d’une grande utilité pour concrétiser cela. Au départ, nous avions soumissionné pour la partie expertise visant à définir les indemnisations pour les assurances suite à l’accident, puis pour la partie réhabilitation du téléphérique. Nous avons aussi obtenu le marché de la redynamisation de l’esplanade Batta, qui se situe à proximité de la station aval (voir article suivant). » 

Concrètement, c’est le cabinet français E.R.I.C (Fabien Abinal) qui s’est chargé de la partie remontée mécanique, tandis qu’UMAN Architect avait pour mission la rénovation des stations amont et aval ainsi que le placement d’un ascenseur sur le Fort.  Le projet, en cours d’exécution depuis septembre 2020 par l’AM entre Cop & Portier et BPC Wallonie, est à présent quasiment achevé. Les véhicules vont être livrés d’un moment à l’autre, puis s’ensuivra une phase d’essais, avec la mise en service dès le printemps 2024. La Ville de Huy va finalement gérer le téléphérique, dont la réhabilitation a été subsidiée en grande partie par le Commissariat Général au Tourisme.

Les baies d’entrée et de sortie des cabines ont été habillées de deux grands portiques en acier microperforé rétroéclairés.

Deux boîtes à moderniser et un ascenseur

« Pour la rénovation des stations, l’idée était que le soumissionnaire récupère au maximum l’existant pour pouvoir ensuite y loger la nouvelle machinerie. Notre travail s’est donc essentiellement centré sur la modernisation de la façade et des espaces intérieurs, avec notamment la création deux grands portiques en acier microperforé rétroéclairés pour habiller les baies de d’entrée et de sorties des cabines et donner l’impression de deux tunnels. Le reste des façades a été traité avec un crépi de teinte blanche sur isolant pour épurer un bâtiment riche en aspérités. » Les locaux intérieurs ont été réaménagés : bureaux, réfectoire pour le personnel, salle des pas perdus pouvant servir d’espace d’exposition. A l’extérieur, une immense terrasse n’attend plus qu’un exploitant du secteur Horeca. Claustra pour fermer certaines baies et toiture végétalisée procurent des vues agréables au public arrivant d’en haut. La station amont est de la même facture et jouxte un restaurant en exploitation, halte bienvenue pour les nombreux cyclistes qui partent à l’assaut du Mur de Huy, avec le « Mont mosan » juste un peu plus loin. 

Au niveau de la station intermédiaire, un ascenseur vitré part des quais pour donner accès au fort, désor­mais accessible aux PMR, et où la ville souhaite­rait installer une brasserie afin de faire pro­fiter les touristes du magnifique panorama sur la ville. 

Les pylônes ont été renforcés pour répondre aux normes actuelles puis repeints, les têtes de pylône ont quant à elles été remplacées.

Au niveau de la station intermédiaire, un ascenseur vitré part des quais pour donner accès au fort, désormais aussi pour les PMR.

Péripéties de chantier

Le délai de livraison a constitué le principal défi, le constructeur de la partie remontée mécanique ayant été confronté à des pénuries de composants électroniques. Par ailleurs, celui-ci a constaté en cours d’exécution que le pylône situé entre les stations intermédiaire et amont était fortement endommagé. Ce pylône, de plus inaccessible sans rachat de parcelles par la ville, a dû être démoli et reconstruit, donnant lieu à des délais mais aussi des coûts supplémentaires. Sans parler de l’explosion des prix de l’acier, qui s’est répercutée sur les clauses de révision.

Pour un bureau d’architecture belge, travailler sur un téléphérique est une occasion rare. Si, à Namur, UMAN a construit un bâtiment autour de la machinerie, à Huy, il s’agissait plutôt d’une « simple » rénovation. Namur s’est enrichie d’un instrument de mobilité urbaine, Huy a gagné un outil à la fois touristique et technique. Quelle sera la prochaine commune à franchir le pas ? Dinant, Durbuy voire Liège, où certains rêvent de relier par câble le quartier Saint-Léonard aux coteaux de la Citadelle, tandis que d’autres verraient plutôt un trajet entre le Val-Benoît et le CHU en passant par l’Université ? The sky is the limit !  

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