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10-07-2020

92% des architectes wallons sont impactés par la crise

Quelles sont les conséquences de l’épidémie de coronavirus sur le fonctionnement des bureaux d’architecture ? L’Union Wallonne des Architectes a interrogé ses 1.800 membres. Et le constat est sans appel : 92,4% des architectes wallons sont impactés par la crise. Tous redoutent que le pire soit à venir.

Régulièrement sollicitée par ses membres, l’Union Wallonne des Architectes (UWA) leur a proposé de répondre à une enquête pour matérialiser l’impact de la crise sur leur profession. Entre le 29 avril et le 12 mai 2020, 365 architectes se sont manifestés. Le constat est sans appel : 92,4% des architectes wallons ont subi la crise de plein fouet.

Ils sont indépendants, 45% d’entre eux travaillent seuls, 38 % exercent leur profession dans des bureaux de 2 à 5 personnes. Ce sont ces petites structures qui sont les plus touchées : dans 17,2 % des cas, leur bureau a fermé complètement ou partiellement ses portes faute de travail, de chantiers à suivre, de clients. Cela ne signifie pas pour autant que les 83% restants ont fonctionné à plein régime… Ils ont pour la moitié fait du télétravail, ou, pour un quart d’entre eux, travaillé portes closes.

Seuls 7,6% des architectes nous informent que leur activité n’avait, au moment de remplir l’enquête, subi aucune conséquence de la situation. Par ailleurs, bien qu’impactés, 25,8% des répondants confirment que toute leur équipe est restée active mais que les tâches ont évolué. Au contraire, 27,3% affirment qu’une partie des collaborateurs indépendants ont été suspendus.

La diminution du travail est due à plusieurs raisons : des clients acculés qui reportent leur projet, des chantiers fermés, des interlocuteurs absents, des enfants à occuper,… Plus de 98,5 % des répondants ont ainsi constaté que les chantiers étaient à l’arrêt (62%) ou avançaient au ralenti (36%) ! Les architectes pointent d’ailleurs des difficultés liées au contrôle de ces derniers en raison des mesures sanitaires.

Concernant les demandes de permis en cours, seuls 6,9% des répondants affirment que l’instruction de dossiers s’est poursuivie normalement… Pour favoriser la reprise, tous plaident pour un assouplissement des conditions d’octroi et pour une digitalisation des dossiers.

Tous ces cas de figure engendrent des pertes, que de nombreux architectes n’arrivent que partiellement à compenser par les systèmes mis en place par le gouvernement. 70% des architectes interrogés ont utilisé le droit passerelle ou comptaient le faire. 27% ne recourent pas à cette aide, pour la plupart parce qu’ils constatent ne pas y avoir accès ! En effet, pour en bénéficier, les indépendants doivent prouver au minimum 7 jours d’arrêt complet. Or, les architectes doivent assurer un minimum de suivi de leurs dossiers, ne fût-ce qu’administratif.

A l’heure actuelle, les architectes wallons estiment que la perte de revenus est difficile à prouver. Mais ils ont des inquiétudes pour l’avenir : ils redoutent la mise au placard de certains projets, faute de budget des maîtres d’ouvrage impactés par la crise. Bon nombre d’entre eux reconnaissent faire appel aux aides de manière préventive, redoutant une frilosité des investisseurs et craignant une diminution importante des commandes futures.

Les architectes craignent un effet différé de la crise qui n’est absolument pas pris en compte par les autorités à l’heure actuelle. L’UWA insiste auprès de ces dernières pour qu’un système de relance économique en adéquation avec les besoins du secteur soit mis en place d’urgence.    

Texte UWA | Photo Pixabay

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