IFAPME
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30-04-2019

La Wallonie et la France s’associent pour former à la rénovation énergétique

Le 31 janvier dernier, le projet interrégional Renovalt a été présenté au centre IFAPME des Isnes (Gembloux). Ce projet franco-wallon vise à développer une offre de formation en alternance liée à la rénovation énergétique des bâtiments sur le territoire transfrontalier des provinces de Namur et Luxembourg et des départements de la Marne et des Ardennes, en France (Région Grand Est).

« Ce projet répond à un enjeu climatique et environnemental. En effet, en Belgique et plus particulièrement en Wallonie, on a un bâti terriblement énergivore, en tête du podium européen. Il répond aussi à un enjeu de formation car il va permettre une offre intégrée de formation en alternance entre deux pays. Je suis ici pour vous affirmer que Renovalt a le soutien du Gouvernement wallon », a souligné Pierre-Yves Jeholet, le ministre wallon de l’Emploi et de la Formation.   

Contexte et objectif

Lors de la présentation, Denis De Backer, chargé de Renovalt à l’IFAPME, a rappelé le contexte et l’objectif du projet. « Le but de Renovalt est de gommer le plus possible les frontières. Dans la zone d’étude, il existe de nombreux points communs. Le parc immobilier se compose d’un bâti assez ancien qui suscite la curiosité des entreprises et des travailleurs, car des rénovations sont nécessaires », a-t-il indiqué. « Il existe également des différences en termes de pratiques constructives et de réglementations, même si l’objectif global est le même ».

Cet objectif global est d’améliorer la performance énergétique du bâti grâce à une meilleure adéquation entre l’offre de formation et la demande des professionnels. Car le constat est là : l’offre de formation liée à la rénovation énergétique est insuffisante, aussi bien en Belgique qu’en France. « La solution proposée se nomme donc Renovalt, soit Rénovation, Energie, Alternance ».

Guide technique et des métiers

Une analyse des besoins est en cours d’étude et intègre, notamment, l’organisation de tables rondes réunissant des professionnels spécialisés dans la rénovation énergétique. « Le but étant de réaliser un guide technique pour les entreprises et un guide des métiers à destination des opérateurs de formation », a indiqué Denis De Backer. Sur la base des résultats de l’analyse de ces besoins, Renovalt proposera une offre de formations innovante et complémentaire destinée aux travailleurs. Elle visera la reconnaissance transfrontalière des compétences acquises.

Budget et partenaires

Le budget total de Renovalt est de 1 246 416 € (dont 623 208 € de financements FEDER – Fonds Européen de Développement Régional ; 337 581 € de financements SPW). Le consortium du projet est composé de huit partenaires belges et français. Les opérateurs de formation sont l’IFAPME et BTP CFA Grand Est ; les secteurs professionnels sont représentés par la FFB (Fédération française du bâtiment) Grand Est, la CCW et le cluster CAP Construction et enfin, Constructiv, envirobat Grand Est et CCCA-BTP constituent les opérateurs associés. Les partenaires financiers sont Interreg (France-Wallonie-Vlaanderen) et la Wallonie.

Renovalt

Au sujet de Renovalt même, Francis Carnoy a
« salué l’initiative de ce projet au carrefour de plusieurs enjeux » et a rappelé « qu’à l’heure du Brexit, il est important de montrer que l’Europe croit en un projet européen ». Pour Michel Heukmes, « la rénovation énergétique des bâtiments est l’une des actions prioritaires de CAP Construction ». Nicole Roland, pour sa part, a précisé à l’assemblée que « la construction est le premier secteur pour l’IFAPME avec 1/3 des formations qui y sont dédiées ».

Côté français, Jean-Marc Schaffner a confirmé que « le besoin en rénovation énergétique existe et qu’il faut répondre aux besoins de nos entrepreneurs en étant inventifs ». Alain Laporte a abondé dans le même sens en indiquant « qu’il fallait être à l’écoute des professionnels sur cette problématique et construire des offres de formation ».

Alternance et image

Sur le thème de l’alternance, Nicole Roland a évoqué « une filière d’excellence pour repérer les jeunes talents » et a souligné que « le partenariat avec la France pourrait être exceptionnel ». Quant à Francis Carnoy, il a insisté pour dire que « ce système est plébiscité par les entreprises de construction » et que « c’est via l’alternance que l’on obtient les meilleurs résultats d’insertion ».

A ce sujet, le directeur général de la CCW a directement embrayé sur l’importance de mobiliser les jeunes employables et de valoriser l’image du secteur. « Dans la construction, 3000 postes sont vacants en Wallonie et 15 000 en Belgique. Les jeunes ne se dirigent plus vers les métiers techniques et l’image de notre secteur est injustement dévalorisée. C’est pourquoi la CCW a lancé une première campagne vers les demandeurs d’emploi et lancera une deuxième à l’adresse des jeunes », a indiqué Francis Carnoy. « Le bâtiment n’a plus l’attractivité qu’il devrait avoir. Les manuels, on ne les dirige pas vers le manuel. Dans le Grand Est, 80 000 jeunes sont sortis du système scolaire et sont dans la nature. Il faut revoir le modèle de société pour répondre aux enjeux de demain », a souligné Jean-Marc Schaffner.

Numérisation et résultats

La numérisation pourrait être la solution à ce déficit d’image pour attirer de nouveaux profils.
« Car tout se numérise », a confirmé Alain Laporte. « Et la rénovation énergétique fera appel à des nouveaux outils. Il faudra donner une image innovante au secteur de la construction », a enchaîné Michel Heukmes.

Enfin, interrogée sur les futurs résultats de Renovalt, Nicole Roland a souligné « les futures ouvertures que le projet va apporter, les besoins en logements à rénover et de jeunes à former ». Et de conclure. « Travaillons tous ensemble pour la meilleure formation en alternance possible ! ».  


Renovalt, l’alternance et l’image du secteur au cœur du débat

Cet événement de lancement a également été l’occasion, pour les 5 partenaires principaux* du projet, de débattre autour de thèmes primordiaux tels que la formation en alternance, la rénovation énergétique, la mobilité des travailleurs et des apprenants, la reconnaissance des compétences, …

Se sont prêtés à ce jeu de questions-réponses :

• Francis Carnoy – directeur général de la CCW

• Nicole Roland – administratrice générale de l’IFAPME

• Michel Heukmes – chargé de mission CAP Construction

• Jean-Marc Schaffner – président de la FFB Grand Est

• Alain Laporte – président BTP-CFA Grand Est

Tekst: CCW
Beeld: CCW

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