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Le BIM, à la fois processus, méthode de travail et façon de penser

Aujourd’hui, une partie du secteur de la construction a bien compris qu’un processus de numérisation de plus en plus poussé, tant en conception qu'en production, était inéluctable.

Cette modélisation BIM présente, en une image, un bâtiment avec différents niveaux de détails (image KUBUS).

Texte Michel Charlier

16 février 2021 Temp de lecture 7 minutes

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A côté des imprimantes 3D, des objets connectés et des drones, le BIM – Building Information Modeling (ou Model ou Management) – fait désormais partie des outils que les architectes et les entreprises de construction doivent apprendre à intégrer, afin de travailler plus rapidement et efficacement mais aussi de manière plus sûre, en connexion avec tous les partenaires sur un chantier, dès le début du processus.

L’ensemble des techniques d’un bâtiment peut être visualisée et, le cas échéant, modifiée (image Ingenium).

Depuis début 2014, le Centre Scientifique et Technique de la Construction (CSTC) met l’accent sur l’importance du BIM dans le secteur de la construction : « Travailler avec le BIM propose une approche intégrale de l’ensemble des informations relatives à un projet. Ceci exige une méthode de travail différente, dont l’ensemble de la chaîne pourra profiter pleinement. » C’est la raison pour laquelle le CSTC a mis au point, avec le Cluster BIM, le protocole BIM (www.bimportal.be/fr).

Le BIM, en quelques mots

« L’idée du BIM est de mettre au point une approche englobant les phases de conception, de mise en œuvre, d’utilisation mais aussi d’entretien, de rénovation voire de démolition du bâtiment (life cycle approach). Pour ce faire, il est essentiel que les divers acteurs du projet de construction commencent à travailler au projet ensemble et le plus tôt possible. Le BIM est une méthode de travail mettant en relation les objets qui composent un bâtiment, ainsi que leurs caractéristiques. L’objet ‘mur’, par exemple, peut être caractérisé par des données géométriques, physiques, mécaniques, voire environnementales et financières, mais aussi par des informations liées aux éléments qui le constituent ou à son comportement vis-à-vis des autres objets auquel il peut être associé. Cet objet, reflet virtuel de la réalité future, est intégré dans un modèle numérique du bâtiment également appelé ‘maquette numérique’. »

Quatre phases de modélisation BIM d’un bâtiment (image i-Theses).

Un élément central d’échange

Cette maquette numérique devient alors l’élément central d’échange d’informations entre les différents acteurs, qui vont l’exploiter en fonction de leurs besoins mais également la compléter au fur et à mesure du processus. Elle est utilisée entre autres pour réaliser les métrés, établir un cahier des charges, prévoir les techniques spéciales et l’isolation (thermique et acoustique), effectuer des études de stabilité et planifier les étapes d’exécution, en respectant la conformité aux normes et réglementations. Cerise sur le gâteau : le BIM permet de repérer et de résoudre en amont la plupart des problèmes qui survenaient en général (trop) tard dans le projet (croisement de diverses techniques…). 

Le bâtiment visualisé et sa structure portante en BIM (image DUBIMAX).

L’intérêt pour le maître d’ouvrage

« S’il est vrai que le BIM n’a de sens que s’il est porté par l’ensemble des intervenants du projet, l’impulsion du maître de l’ouvrage peut être décisive pour sa mise en place », expliquait Yasmine Depret, architecte française, sur le site bimtonic.be. « C’est lui en effet qui sait de quoi il a besoin pour gérer son projet et optimiser son investissement. Il doit donc être convaincu très en amont de l’intérêt et des implications de la démarche et y jouer un rôle moteur. »

Sur l’écran, on peut immédiatement visualiser qui a créé chaque fiche et qui l’a modifiée (et quand) (image A2O & Kumpen).

Encore du pain sur la planche…

Cependant, le CSTC reconnaît que tout n’est pas rose : « Depuis toujours, le cloisonnement des métiers de la construction pénalise l’échange d’informations et la collaboration, freinant ainsi une industrialisation plus forte du processus constructif. Chaque entreprise dispose de sa propre méthode de travail, de sa propre gestion d’entreprise et de son propre environnement informatique et, souvent, l’entrepreneur n’intervient dans le projet qu’à partir de la phase d’exécution. »

« Les pouvoirs publics ont un rôle de soutien à assumer dans ces évolutions majeures pour l’avenir de la construction », estime-t-on du côté de la Confédération Construction. « Ce rôle de soutien passe notamment par l’adaptation des réglementations à l’évolution de la technologie numérique. Il importe ainsi d’intégrer un cadre minimum pour le BIM dans la réglementation sur les marchés publics. »    

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