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Béton

Progresser dans la réparation durable du béton

Selon une étude, 50% des réparations du béton présentent des signes de dommages 5 à 10 ans après la réparation. Les raisons sont diverses : diagnostic insuffisant du dommage initial, solution de réparation inadéquate, mauvaise mise en œuvre, mauvaise sélection du matériau… Qui dit défaillance prématurée d’une structure réparée, dit incertitude quant à l’espérance de […]

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18 janvier 2021 Temp de lecture 12 minutes

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Selon une étude, 50% des réparations du béton présentent des signes de dommages 5 à 10 ans après la réparation. Les raisons sont diverses : diagnostic insuffisant du dommage initial, solution de réparation inadéquate, mauvaise mise en œuvre, mauvaise sélection du matériau… Qui dit défaillance prématurée d’une structure réparée, dit incertitude quant à l’espérance de vie des structures et coûts récurrents et croissants liés aux réparations. C’est pourquoi il est important d’avancer dans le domaine de la réparation durable du béton.

La priorité est trop souvent donnée à la réparation des dommages visuels mais, même si le mortier utilisé est de qualité, les stratégies ‘cache-misère’ ne suffisent pas à prolonger la durée de vie de manière optimale.

Il est capital de réfléchir à une réparation durable et raisonnée du béton, en plusieurs étapes.

Comment obtenir une réparation durable du béton ?

La bonne conception d’une solution de réparation tiendra compte, outre la réparation des dommages visuels, d’une protection supplémentaire du béton et de l’armature. Cette protection doit être conçue en fonction des conditions ambiantes. Elle dépend de la charge de la structure mais aussi des souhaits du propriétaire.

Master Builders Solutions a développé un modèle Life Cycle Cost qui, sur base des informations relatives au projet et des caractéristiques du produit, établit une comparaison des coûts entre les différentes formules. Selon ce modèle, chaque euro investi dans la protection permet d’économiser 3 à 5 € de frais de réparation récurrents.  

Et une protection appropriée réduit en moyenne de trois le nombre de cycles de réparation pendant la durée de vie de la structure.

La norme EN 1504, en vigueur depuis plus de dix ans, traite de tous les aspects de la réparation du béton et du choix des matériaux. Elle définit des directives pour une conception durable de la réparation. Ces directives doivent absolument être appliquées davantage et mieux.

Une plus longue durée de vie

L’armature à nu devra être traitée à l’aide d’un produit de protection contre la corrosion. Ensuite, le béton sera réparé avec des mortiers, sur lesquels un système de protection approprié sera alors appliqué.

Protection de l’armature

Elle se fait généralement à l’aide de primers actifs, à base de ciment, qui contiennent des additifs anticorrosion spéciaux et agissent comme des inhibiteurs ou assurent une protection cathodique locale. Ils sont appliqués manuellement sur l’armature à nu. Ils se caractérisent par une adhérence à l’acier et au béton et/ou par la résistance à la formation de corrosion sur la surface traitée.

Mortiers de réparation

La norme européenne 1504-3 définit quatre classes de mortiers de réparation, à mettre en œuvre différemment en fonction de sa consistance et de l’application : manuellement (zones de réparation petites et moyennes), coulés ou pompés (volume important à réparer) ou pulvérisés (grandes surfaces).

Système de protection

La protection doit être conforme aux conditions ambiantes décrites dans la norme EN 206-1 et les produits à utiliser sont spécifiés par la norme EN 1504-2. La protection peut prendre différentes formes.

Dans un environnement présentant un risque de corrosion par le CO2, des revêtements anti-carbonatation (souvent des émulsions en phase aqueuse à base acrylique) doivent être appliqués. Principales propriétés : résistance élevée à la pénétration du CO2, étanchéité à l’eau, perméabilité à la vapeur d’eau, pontage élevé des fissures.

Un traitement hydrophobe sera appliqué dans les environnements où le béton est soumis à des cycles de gel-dégel. Des polymères pulvérisés sur le béton en imprègnent les pores afin de le rendre hydrophobe. Principales propriétés : profondeur de pénétration, résistance au gel-dégel, réduction de la prolifération d’algues, (quasi) absence de modification de l’aspect du béton.

Les inhibiteurs de corrosion sont des molécules qui empêchent et retardent la corrosion de l’armature. Ils sont principalement utiles sur les échafaudages, les ponts, les structures industrielles en contact avec l’eau de mer et les chlorures… Pour être efficaces, ces molécules doivent être transportées jusqu’à l’armature. Elles sont donc dissoutes dans un vecteur pénétrant dans le béton par imprégnation. Leurs principales caractéristiques sont les mêmes que celles du traitement hydrophobe.

La protection contre les agressions chimiques est souvent nécessaire dans l’industrie, sur les cuves, les bassins de rétention, les réservoirs, les installations d’épuration des eaux usées, les égouts… Le choix de la protection dépendra du type de produit chimique, du degré de pontage des fissures et des conditions ambiantes (température, humidité, environnement ouvert ou fermé, produits chimiques en contact temporaire ou permanent). L’adhérence, l’étanchéité à l’eau, la résistance à l’usure et la compatibilité thermique sont des caractéristiques importantes. En fonction de leur technologie et de leur rapidité de réaction, ces revêtements peuvent être appliqués manuellement ou pulvérisés à froid ou à chaud.

La dégradation du béton (ici, aux anciens charbonnages de Waterschei) peut s’avérer dangereuse pour la stabilité d’un bâtiment.

Certification, sécurité et assistance

Il faut enfin tenir compte de 3 éléments : certification, sécurité et assistance.

Un marquage CE selon la norme EN 1504 doit être le point de départ du choix des matériaux. Tous les marquages n’étant pas similaires, il faut vérifier les exigences minimales auxquelles les produits doivent satisfaire dans chaque circonstance et l’existence d’éventuelles exigences supplémentaires. Il est utile de consulter la déclaration des performances (DOP) des produits, qui devront éventuellement satisfaire à des exigences de qualité et à des prescriptions supplémentaires (labels BENOR, BELGAQUA…). N’oublions pas de prendre en considération d’autres facteurs (facilité d’utilisation et efficacité de mise en œuvre du matériau, diminution du risque d’erreurs, minimisation des temps d’arrêt, rendement des matériaux, espérance de vie…) qui ont des répercussions sur la durabilité et les coûts d’investissement. La sécurité pour l’homme et l’environnement (libération de substances nocives, traitement des déchets…) est aussi capitale, surtout sur des habitations ou des bâtiments publics. Enfin, il est essentiel de savoir quel niveau d’assistance – soutien technique et garanties – on peut attendre du fournisseur.

Pour progresser dans le domaine de la réparation durable du béton, il faut donc utiliser une stratégie de protection suffisante, en mettant en œuvre un système de réparation complet conforme à la norme EN 1504. Lors de la sélection des matériaux, les caractéristiques techniques, le niveau de certification et d’autres valeurs (rapidité, facilité d’utilisation, sécurité, assistance) doivent être pris en considération.    

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