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Sécurité incendie : le cas des bâtiments scolaires

Dans le numéro précédent de Construire la Wallonie, nous vous présentions la réforme des bâtiments scolaires initiée par le ministre Frédéric Daerden.

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L’ensemble des nouveaux bâtiments de l’IESCF est sous détection incendie généralisée.

Texte et photos Philippe Selke

12 février 2021 Temp de lecture 7 minutes

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L’un des enjeux de cette réforme (parmi tant d’autres) est le respect des normes incendie. L’occasion de dresser un rapide portrait de la situation à laquelle concepteurs et constructeurs sont confrontés. 

La sécurité incendie dans les bâtiments scolaires est de la responsabilité des pouvoirs organisateurs.  Ceux-ci sont autonomes dans l’enseignement libre subventionné, l’enseignement communal et provincial. En ce qui concerne l’enseignement organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE) qui en est l’unique pouvoir organisateur.

Nouvel internat de l’IESCF à Beloeil (2016) : toutes les portes coupe-feu sont équipées de rétenteurs électromagnétiques.

Normes et analyse de risques

La norme scolaire (NBN S 21-204), qui sert de base pour tout projet, prend en compte le type d’occupation des bâtiments (traditionnelle, nocturne, enseignement spécialisé, …) pour imposer des exigences supplémentaires par rapport aux
« normes de base ». Mais elle date de 1982 et est donc dépassée sur de nombreux aspects. Elle s’est de plus parfois avérée imprécise et donc sujette à interprétation. Heureusement, une mise à jour est annoncée. La publication de la partie sur la sécurité incendie dans les nouveaux bâtiments scolaires serait imminente, tandis qu’il faudra encore patienter pour découvrir celle consacrée aux bâtiments scolaires existants. 

Le site web du SIPPT est extrêmement riche en informations. Il a pour vocation de proposer une information de première ligne.

L’analyse de risques, à laquelle chaque chef d’établissement ou d’entreprise doit se soumettre, a fait évoluer une obligation de moyens (une norme technique qui précisait par exemple la Rf voulue pour une porte dans un cas précis) vers une obligation de résultat : éviter tout accident. Cette évolution, qui envisage les choses de manière plus globale, va sans doute permettre une plus grande liberté architecturale. Ainsi, par exemple, si on a une détection généralisée, on pourra peut-être se permettre d’être moins exigeant quant à la réaction au feu des matériaux de construction. Cela permet une discussion saine et constructive entre concepteurs et conseillers en prévention. Mais jusqu’où aller dans l’analyse de risques ? Faut-il tenir compte de l’évolution possible du bâtiment au cours du temps ? Un local, actuellement un réfectoire, pourrait se muer en salle d’archives… Une chose est sûre : pour mener leur analyse de risques, les établissements scolaires devraient commencer par demander l’avis du Service de secours public anciennement dénommé SRI. 

Les issues sont conçues à la fois pour éviter les fugues, interdire les intrusions et évacuer rapidement en cas d’incendie.

Quand l’architecte va au feu

L’architecte est confronté à une somme de normes et de réglementations sans cesse grandissante, qu’il faut intégrer vaille que vaille… Or, au bout du compte, le bâtiment doit rester fonctionnel et plaire à l’occupant. 

Pour y parvenir, tout commence par la rédaction d’un programme des besoins pour bien comprendre le projet (pédagogique) de l’occupant des lieux et également lui faire comprendre qu’on ne transige pas avec la sécurité. Comment, par exemple, bien penser le compartimentage dans le cas d’un projet pédagogique de type « école ouverte » ? L’atrium est un grand classique, très prisé par les bureaux d’architecture. Caractéristique majeure du projet, il est cependant souvent abandonné dès le premier passage du SIPPT (Service Interne pour la Protection et la Prévention au Travail de la FWB) voire des pompiers. Ceux-ci sont également attentifs aux matériaux choisis, certains n’ayant pas la réaction au feu escomptée. Cela limite un peu la palette des architectes. 

Extension en construction (2016) pour l’Athénée royal d’Ath : un exutoire de fumées à lamelles est placé au-dessus de la cage d’escalier.

Autre source de frustration pour certains architectes : la signalétique, qui vient quelque peu gâcher la beauté de leur œuvre. D’où la volonté de certains de l’intégrer pour la rendre moins visible, à l’opposé de ce qui est visé par ces pictogrammes de taille et couleur standardisés.  

Combiner la sécurité incendie avec les prescriptions urbanistiques, les exigences PEB et autres réglementations relève souvent de la quadrature du cercle. Exemple : les exutoires de fumée. Peu sont conformes et il n’existe pas encore d’exutoire PEB. Le casse-tête est bien entendu encore plus important quand il s’agit de mettre en conformité d’anciens bâtiments…    

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