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Nr 01 2019

Faire du neuf avec du vieux

Si les responsables marketing des sociétés de la construction n’avaient ces derniers temps que le BIM à la bouche, c’est à présent la durabilité qui semble être le nouveau concept magique. Avec toutes les interprétations possibles, des plus sérieuses aux plus suspectes.

La dernière édition de Batibouw n’a pas fait exception : la construction circulaire était au centre des préoccupations. De la signature d’un Green Deal par 200 entreprises et organisations à la tenue d’un séminaire et de débats sur le sujet, en passant par la reconnaissance du travail d’un pionnier en la matière lors des Belgian Building Awards : Steven Beckers. On sent que le sujet interpelle, voire intéresse.

Construire la Wallonie ne pouvait ignorer cette (r)évolution et vous propose donc dans son deuxième numéro un cahier consacré à la construction durable et circulaire.

Pour le dire simplement, la construction circulaire vise à maximiser le réemploi des matériaux pour ne plus produire aucun déchet. Le concept n’est pas neuf. Dès 2004, le Cradle-to-Cradle visait le même objectif. Ce qui est nouveau par contre, c’est que l’approche actuelle est intégrale : pour une construction donnée, on va analyser le potentiel de circularité à tous les niveaux : matériau, élément, bâtiment et même quartier. On va donc par exemple parler de matériaux purs (par opposition à composites), renouvelables et surcyclables, d’éléments standardisés, maniables, aux liaisons réversibles, de bâtiments extensibles et adaptables, mais également d’espaces partagés et de mixité fonctionnelle au niveau du quartier.

Problème : la circularité est très difficile à calculer tant elle embrasse de nombreux aspects. Mais des initiatives se font jour comme TOTEM en Belgique ou un futur label international en cours de mise au point par les initiateurs du BREEAM. Comme le BIM, la construction circulaire a peu de chances de s’imposer rapidement si les pouvoirs publics ne montrent pas l’exemple.

A l’instar des jeunes qui manifestent chaque semaine pour le climat, il faut donc en appeler au bon sens et à l’intérêt commun. Comme pour le Trias energetica, selon lequel l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas, appliquons les principes d’un Trias materia en évitant de construire de nouveaux bâtiments. Et s’il faut malgré tout construire, ne surdimensionnons pas et utilisons en priorité des matériaux renouvelables. Le recours à des matériaux recyclés n’est envisageable qu’en dernier recours.

Mesdames et messieurs du marketing, recycler n’est donc pas suffisant. En Belgique, 90% des déchets de construction sont déjà recyclés. Avec généralement une perte de qualité à chaque cycle. Avec le réemploi au contraire, on ambitionne de gagner en qualité à chaque cycle.
Pour le bien de la planète.

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