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Nr 04 2019

Construire ou conduire : va-t-il falloir choisir ?

Au moment écrire ces lignes s’ouvre la COP25, pas au Brésil, ni au Chili mais finalement à Madrid. Il s’agit d’avaliser les règles du jeu définies à Paris, de pousser les nations vers davantage d’ambition climatique, de faire converger lutte contre la crise du climat et protection de la biodiversité et enfin de garantir la solidarité et la justice climatique. Bref, du pain sur la planche !

Notre petit royaume a approuvé il y a quelques jours son plan fédéral pour le climat. Au programme notamment : révision de la fiscalité sur les voitures de société pour décourager les véhicules lourds et polluants, 35 milliards d’euros pour le développement du rail, généralisation de la TVA à 6 % pour la démolition et la reconstruction de bâtiments et volonté d’atteindre la neutralité carbone pour au moins 50 % des bâtiments existants pour être totalement neutre en 2040 . Rappelons que la Belgique doit envoyer à la Commission européenne pour le 31 décembre au plus tard son grand Plan national Énergie Climat (PNEC) 2021-2030. La Wallonie (qui entend ramener la part de l’utilisation de la voiture dans les déplacements à 60 % en 2030 contre 83 % en 2017) et Bruxelles (qui veut interdire tous les véhicules au diesel pour 2030 et l’ensemble des véhicules à essence et au LPG pour 2035) ont déjà présenté leurs contributions respectives, alors que la Flandre se fait attendre. Ce qui fait d’ailleurs dire à Jean-Pascal van Ypersele, past president du GIEC : « Je ne comprends pas le gouvernement. Les conséquences du réchauffement climatique seront bien plus dramatiques pour la Flandre que pour la Wallonie et pourtant on fait très peu ».

Loin des déclarations fédérales et régionales belges, nos voisins bataves, poussés dans le dos par des ONG ayant saisi avec succès la justice, semblent vouloir frapper beaucoup plus vite et fort. Ils ont compris que, en matière de climat et biodiversité, tout est dans tout. C’est ainsi qu’ils viennent de décider d’abaisser la vitesse en journée sur leurs autoroutes de 130 à 100 km/h afin de limiter les émissions et ainsi contribuer au Plan climat national. D’autres mesures spectaculaires, touchant notamment l’élevage intensif des bovins et des porcs, ont également été prises. Mais l’information la plus surprenante (et pourtant !) est que ces mesures devraient permettre de débloquer les permis de bâtir de quelques 18 000 projets de construction, bloqués depuis mai par le Conseil d’état parce qu’ils prenaient trop peu en compte les impératifs climatiques !
Simple compensation de quotas entre secteurs économiques ou volonté réelle d’avancer à grands pas dans la bonne direction ? L’avenir nous le dira. Quoi qu’il en soit, il fallait visiblement trouver un moyen de réduire les émissions de CO2 pour pouvoir recommencer à construire… et cela passe donc notamment par une réduction drastique de la vitesse sur autoroute.

On retiendra de tout cela qu’entre pollution automobile, impact climatique de la construction et flatulences des vaches, tout est lié … et que la solution ne pourra donc être que globale. Par conséquent, chacun doit s’y mettre, résolument et immédiatement, non pas « parce que c’est bon pour l’image » mais parce qu’il n’y a hélas plus moyen de faire autrement si on veut permettre à nos enfants de continuer à habiter la planète Terre.

JE VOUDRAIS UN EXEMPLAIRE DE DEMONSTRATION OU ABONNEMENT.

Je voudrais un(e):