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Nr 04 2020

Vers un ‘smart shift’, de gré ou de force ?

… du moins pour le dire avec des termes anglais (pour certains, l’utilisation de cette langue étrangère sonne tout simplement mieux ; pour d’autres, cela participe à l’enfumage de la population). En français, nous parlerions plutôt de transfert d’intelligence vers les objets. Tout un programme…

La Confédération Construction vient de publier son rapport annuel 2019 – fort bien rédigé d’ailleurs – et on y trouve matière(s) à réflexion. Elle identifie 10 grands enjeux pour les 10 années à venir, qu’elle documente en y ajoutant des recommandations et en listant quelques initiatives régionales dans le domaine (les plus avancées / concrètes étant souvent flamandes).

Mobiliser de la main d’œuvre, construire du logement pour faire face à l’évolution démographique et sociologique, rendre le parc immobilier moins énergivore, investir dans les infrastructures et bâtiments publics, (p)réparer la mobilité, attirer les jeunes vers la construction, construire la ville de demain sur la ville d’aujourd’hui, réformer l’IPP en lien avec la fiscalité immobilière et industrialiser le processus de construction : voilà la liste des défis qui attendent le secteur selon la Confédération Construction.

Mais le premier d’entre eux, au propre comme au figuré puisqu’il est placé devant tous les autres dans le rapport, est la ‘Construction 2.0’, autrement dit la numérisation du secteur et l’avènement des ‘smart homes, offices and districts’.

D’abord un constat : le fameux BIM, dont on vante les mérites depuis de nombreuses années déjà, est actuellement utilisé par une petite minorité d’entreprises de construction en Belgique : 21% (enquête 2019, contre seulement 4% en 2017). Ces chiffres étant nationaux, on peut s’attendre à des disparités régionales importantes, qui ne plaideront pas forcément en faveur de la Wallonie… Et la Confédération de relever : « L’absence d’intégration de certaines technologies entraînera à court terme un sérieux handicap concurrentiel par rapport aux entreprises de construction étrangères. »

Vient ensuite une intéressante partie sur les ‘smart buildings’ et les ‘smart districts’. La Confédération n’y voit que des avantages pour ses membres et pour les utilisateurs desdits bâtiments ‘intelligents’. « Un avantage supplémentaire est que ces installations s’occupent également de leur entretien pendant toute leur durée de vie. Ce qui a des répercussions sur les entreprises de notre secteur : non seulement elles doivent livrer un bâtiment, mais elles doivent également assurer le suivi de son utilisation par ses occupants. Et cela, au sens le plus large du terme. ‘Housing and Building As A Service’ en d’autres termes ». Voilà qui est dit… en anglais évidemment ! Un jour, il faudra quand même accepter l’idée que rapprocher la population de ces nouveaux concepts, pour qu’elle finisse par les adopter, est plus facile en utilisant la langue maternelle de celle-ci. Mais c’est un autre débat.

Cette ‘intelligence’ des objets (souvent présentée comme l’argument majeur pour le déploiement au pas de charge de la 5G) ne se limitera pas au logement individuel ou même au bâtiment tout entier, elle révèlera pleinement son utilité au niveau du quartier, notamment grâce aux ‘smart grids’ (réseaux intelligents permettant une utilisation plus rationnelle de l’énergie). Et là, il faudra veiller à ce que les systèmes soient ouverts pour éviter la dépendance par rapport à un producteur en particulier….

Histoire d’empêcher Omnimus (appellation fictive. Toute ressemblance avec une organisation existante ou ayant existé serait purement fortuite) de gérer complètement la vie de chaque résident belge, de son habitation à sa mobilité, en passant évidemment par ses communications, le tout via un ‘pack all-in’.

JE VOUDRAIS UN EXEMPLAIRE DE DEMONSTRATION OU ABONNEMENT.

Je voudrais un(e):