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Un Grand Palais polyvalent pour Charleroi
Si le Palais des Expositions est resté le plus possible « dans son jus », l’intervention la plus visible de l’extérieur est le déshabillage de la partie centrale.

Un Grand Palais polyvalent pour Charleroi

Grâce au programme FEDER 2014-2020 et aux subventions de la Wallonie, Charleroi District Créatif prend forme. Ainsi, l’immense Palais des Expositions de jadis termine sa mue pour retrouver sa fonction première, désormais complétée par des installations lui permettant d’accueillir également des congrès. De 60 000 m2 de surface utile au départ, il passe à 25 000 m2, complétés par 800 places de parking, et gagne en polyvalence. L’entreprise Duchêne a apporté sa pierre à ce chantier hors normes, en SM avec Bemat, Koeckelberg et Moury.

L’immensité des espaces et les hauteurs sous plafond ont engendré une complexité logistique inhabituelle.

Le bâtiment, qui a marqué le paysage carolo par sa façade longue de 225 mètres, se présente désormais en deux blocs reliés par une lumineuse cour centrale abritant les circulations. Le premier bloc accueille 3 halls d’exposition de 3000 à 9000 m2 mais également des auditoires, une salle de congrès modulable, des salles de commission et une salle polyvalente. L’autre bloc offre 800 places de parking sur 3 niveaux.

Un mastodonte de béton et maçonnerie

Nicolas De Micheli, conducteur de chantier chez Duchêne, a pris le train en marche : « Suite à la décision d’intégrer la fonctionnalité ‘congrès’ dans le bâtiment (ndlr : comme conséquence de l’arrêt du projet de Palais des congrès prévu initialement dans le prolongement du Palais des Beaux-Arts), des commandes sont venues s’ajouter à la commande de base, ce qui a rallongé le planning. Personnellement, c’est à ce stade que j’ai rejoint l’équipe déjà en place depuis au moins deux ans. Actuellement, nous achevons les dernières finitions ».

La répartition des tâches entre les membres de la SM s’est faite sur base des forces de chaque entreprise au moment voulu. Duchêne a ainsi pu faire valoir ses compétences en bétonnage-ferraillage. L’expérience en génie civil des différentes équipes est venue fort à point lorsqu’il a fallu couler en place des rampes de béton de 20 à 30 m de long…

Le chantier a débuté par la démolition de toutes les cloisons intérieures pour ouvrir complètement les espaces et par le renforcement du gros œuvre. La dalle béton du hall 5, au niveau zéro du bâtiment, a entièrement été refaite et isolée. Les façades vitrées ont été remplacées par des murs tandis que ceux qui fermaient la zone centrale ont été démolis pour reculer cette partie d’environ 10 m. Dans cette nouvelle zone desservant les différents halls, les puits de lumière en briques de verre d’origine ont été conservés. Tout comme les deux grandes cheminées de l’ancienne chaufferie.     “

Des éléments patrimoniaux classés comme ce portique en fer à cheval et sa colonnade ont été sauvegardés.

Un défi de taille

Un chantier de 66 000 m2…, c’est dire si les distances à parcourir ont été la principale difficulté sur le terrain. Le défi était donc logistique, d’autant que les deux halls inférieurs n’étaient accessibles que via la rue de l’Ancre, le hall 1 par l’arrière et les autres halls via la rue de l’Europe… Il fallait donc sans cesse tourner autour du bâtiment et parcourir chaque fois des centaines de mètres. Les Manitous ont remplacé les brouettes, circulant là où le passage d’engins de chantier n’était pas prévu. Nicolas De Micheli : « Gérer le stock sur chantier a donc pris beaucoup plus de temps que sur un chantier classique où tout est quasiment à portée de main. Souvent, c’est le manque de place qui pose problème. Ici, ce fut l’inverse ! De plus, il a fallu se coordonner avec les sous-traitants responsables des techniques qui, vu la hauteur de plafond de 8 mètres, devaient tout faire à la nacelle. »

Entre les halls d’exposition et de congrès et ceux qui servent à présent de parking, un espace de circulation a été créé en conservant les puits de lumière d’origine.

S’agissant d’une rénovation, les plans ne correspondaient pas toujours à la réalité. De plus, à l’époque de la construction du Palais des Expositions (1953), les bétons n’étaient pas toujours parfaitement dosés. « A certains endroits, nous sommes tombés sur des bétons plus résistants que prévu, au point d’être difficiles à briser, tandis qu’à d’autres, le béton tombait tout seul sous l’effet des vibrations des machines. » Dans les halls 1 et 5 destinés aux expositions, techniques et finitions sont assez basiques. Dans le hall 3 dédié aux congrès, on trouve des gradins avec des sièges, un traitement acoustique des plafonds et de certains murs par mousse projetée, du chauffage, … Les finitions sont aussi plus qualitatives, avec menuiseries intérieures, plafonnage et peinture.

Après la récente inauguration du Zénobe Gramme, une rénovation-trans­formation à laquelle Duchêne a également contribué, la mise en service de ce nouvel outil de développement pour Charleroi devrait avoir lieu début 2024, quand l’aménagement des abords sera réalisé.

Fiche technique
  • Maître d’ouvrage Ville de Charleroi
  • Architecte AM de vylder vinck taillieu – AgwA
  • Entreprise générale SM Duchêne – Bemat – Koeckelberg – Moury

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