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Vivre en pleine ville au milieu d’une oasis verte autour d’un marais protégé

‘La Laiterie’ s’intègre de manière optimale autour d’un marais précieux d’un point de vue biologique.

Texte | Tim Janssens

Photos | Nathalie Van Eygen

15 juillet 2021 Temps de lecture 9 minutes

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Une zone marécageuse dégradée, à la jonction entre Anderlecht et Molenbeek-Saint-Jean, s’est avérée le terreau idéal pour un projet résidentiel qui combine ces deux atouts et crée un cadre de vie pas comme les autres. Le marais, protégé, a retrouvé toute sa splendeur et a été transformé en une zone verte et peu fréquentée qui fait rapidement oublier l’agitation des rues avoisinantes.

Difficile d’imaginer que Bruxelles était autrefois un marécage inhospitalier. Le nom original de la ville, ‘Broeksele’, signifie ‘établissement sur un marécage’. Le marais situé entre la rue de la Laiterie et la rue de la Semence, devenu zone Natura 2000 en 2002, est l’un des derniers vestiges de cette zone primitive. Il a longtemps été flanqué d’une petite ferme avec quelques jardins familiaux. Cette zone est malheureusement devenue au fil des ans un dépôt illégal de déchets et, les environs s’étant rapidement urbanisés, il était nécessaire de mettre en place un nouveau développement afin de préserver la nature et d’améliorer l’image du quartier. C’est ainsi qu’est née l’idée de ‘La Laiterie’, un complexe contemporain de 214 appartements répartis dans 10 immeubles.

L’aménagement extérieur entre les appartements s’inspire des plantations présentes autour du marais afin de garantir une continuité visuelle.

Respect maximal pour la nature

« Le concept de ‘La Laiterie’ a été conçu comme un ensemble, mais il a ensuite été divisé en deux phases avec plusieurs maîtres d’ouvrage », explique Geert Vanoverschelde, architecte associé chez DDS+. « Lorsque nous nous sommes impliqués dans le projet, en 2012, nous avons commencé par un schéma directeur global. Le site descend de la rue de la Laiterie, avec le marais comme point le plus bas. Cela impliquait un périmètre supplémentaire de 10 mètres sur lequel aucune construction n’était autorisée, pour préserver la réserve naturelle. Cependant, au lieu d’un développement traditionnel en ruban le long de la rue de la Laiterie, nous avons opté pour une disposition perpendiculaire des immeubles afin d’obtenir une orientation est-ouest, de créer une vue sur les espaces verts, de garantir la fluidité du site et de faciliter la mobilité douce, en connexion avec un vaste réseau de pistes cyclables et piétonnes. »

« A la demande de la Région, le marais a été nettoyé en profondeur », explique l’architecte du projet, Mariella Selleslagh. « Il était envahi par la végétation et était presque sec. Les déchets ont été évacués, les plantes non indigènes retirées, le nombre d’arbres réduit. Le marais a été approfondi d’un demi-mètre et clôturé, une grande attention a été portée à la gestion des eaux de pluie – ce qui a nécessité quelques modifications de la conception, notamment celle du parking souterrain – et un belvédère a été créé. L’aménagement extérieur entre les appartements s’inspire des plantations présentes autour du marais afin de garantir une continuité visuelle. En outre, nous avons choisi un éclairage extérieur spécifique qui ne perturbe ni les grenouilles ni les oiseaux. »

Le marais situé entre la rue de la Laiterie et la rue de la Semence, vestige du Bruxelles d’autrefois.

Une architecture qui n’est jamais ennuyeuse

La phase 1 de ‘La Laiterie’ (6500 m²) comprend 78 appartements et la phase 2 (12 000 m²) 136. Les deux phases sont très similaires, bien que les façades soient revêtues de matériaux différents : pierre naturelle grise, enduit décoratif blanc et volumes de toiture avec panneaux de façade en zinc pour les six immeubles de la phase 1, deux types de briques (sombres à la base et clairs au niveau des étages) et volumes de toiture en zinc avec joint debout pour les quatre immeubles de la phase 2. « Les maîtres d’ouvrage ont voulu introduire une certaine nuance dans le look-and-feel. Cependant, malgré la finition légèrement différente de la façade, on voit immédiatement que ‘La Laiterie’ forme un tout  », affirme Geert Vanoverschelde. «  Bien que le design soit relativement sobre, on note ci et là quelques subtils détails. L’interaction visuelle entre les décors verticaux des balustrades et les lamelles des auvents de protection solaire crée par exemple un intrigant jeu d’ombre et de lumière. Combiné à la volumétrie dynamique, cela prouve que l’architecture n’est jamais ennuyeuse  », ajoute Mariella Selleslagh.

« Lorsque nous avons déposé la demande de permis d’urbanisme, il y a neuf ans, la durabilité n’était pas encore une préoccupation aussi importante qu’aujourd’hui. En 2021, nous aurions sans doute fait d’autres choix, mais nous sommes heureux de constater que la conception résiste sans problème à l’épreuve du temps », déclare Geert Vanoverschelde, qui conclut : « Presque tous les appartements sont traversants et disposent d’un espace extérieur privé (terrasse au rez-de-chaussée, terrasse en toiture ou balcon), d’une place de parking en sous-sol et d’un emplacement pour vélo. Ce qui rend ce projet résidentiel si particulier, c’est qu’il est situé à la fois dans une ‘oasis verte’ et dans une zone urbaine. Les résidents peuvent profiter pleinement du calme et de la nature tout en étant à quinze minutes du centre de Bruxelles. Cette précieuse synergie fait de ‘La Laiterie’ un projet extrêmement réussi ! »   

Fiche technique

Maîtres d’ouvrage
VOP (phase 1) – CORES Development & Westhoek (phase 2)

Architecte
DDS+

Entreprises générales
Prodale (Le Roeulx, phase 1) & AM Vanderstraeten-Peremans (Lummen, phase 2)

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