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Aisemont : un pas de géant vers un béton plus durable

Dans sa carrière d’Aisemont (Fosses-la-Ville), Carmeuse produit des granulats mais aussi de la pierre calcaire très pure.

Texte | Philippe Selke

Photos | Carmeuse

1 novembre 2021 Temps de lecture 7 minutes

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Le groupe Carmeuse a inauguré tout récemment sur son site d’Aisemont (Fosses-la-Ville) une nouvelle unité de production de filler calcaire, la plus grande du Benelux. Au terme d’un processus de plusieurs années, Carmeuse a obtenu un ATG permettant aux producteurs de béton de remplacer jusqu’à 20% de ciment dans des combinaisons ciment-filler et pour des classes environnementales bien définies. On estime que le béton produit avec ce substitut de ciment permettra une réduction de 130 000 t de CO2 par an en Belgique.

Le Groupe Carmeuse, dont le siège se trouve à Louvain-la-Neuve, exploite plus de 90 sites de production répartis dans 20 pays couvrant l’Europe de l’Ouest, l’Europe de l’Est, l’Amérique du Nord et du Sud, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Afrique. La production mondiale de Carmeuse, dont les effectifs ne comptent pas moins de 4500 personnes, atteint plus de 9 millions de tonnes de chaux et 33 millions de tonnes de calcaire et de granulats par an.  

Avec une capacité de 450 000 t par an, la nouvelle unité de production de filler calcaire est la plus grande de ce type au Benelux.

Un produit de substitution

Sur son site d’Aisemont, Carmeuse produit des granulats mais aussi de la pierre calcaire très pure entrant, après passage dans un four à chaux, dans la production de sucre, de verre, d’acier, … La fraction trop petite pour être calcinée (< 20 mm) est finement broyée pour obtenir un filler calcaire, appelé Calcitec. Ce produit est utilisé dans de nombreuses applications, essentiellement dans le secteur de la construction : vinyles de sol, étanchéités bitumineuses, mortiers secs, asphaltes, briques de parement et, last but not least, bétons. 

Le filler calcaire est utilisé en Belgique depuis plus de deux décennies comme produit de charge de type I dans la composition du béton. La reprise du ‘Equivalent Concrete Performance Concept’ (ECPC) dans la norme belge sur le béton NBN 15.100 a créé la possibilité théorique d’utiliser du filler calcaire de haute qualité comme substitution au ciment. Encore fallait-il savoir comment et le faire dans un cadre légal, ce qui passe par l’obtention d’un ATG pour les produits de substitution. 

La fraction trop petite pour être calcinée est finement broyée pour obtenir un filler calcaire, appelé Calcitec.

Un agrément technique qui ouvre la voie

Carmeuse a donc demandé un agrément technique (ATG) pour le filler calcaire il y a 8 ans déjà et a ensuite passé toutes les procédures de test avec le produit Calcitec CM de la carrière de Moha et plusieurs ciments produits en Belgique. En fin de compte, cet ATG pour le filler calcaire est révolutionnaire et unique au monde car il permet à Calcitec CM de remplacer jusqu’à 20% de ciment dans des combinaisons ciment-filler calcaire et des classes environnementales bien définies. La Belgique est le deuxième pays au monde, après les Pays-Bas, à disposer d’un agrément technique pour un tel concept. Au fur et à mesure de la mise au point d’autres combinaisons ciment-filler calcaire, d’autres ATG suivront, ouvrant la voie à des bétons pour encore plus de classes d’environnement et de types de ciment.

Un investissement de 16,5 millions d’euros 

Dans ce cadre, Carmeuse a récemment mis en service une nouvelle unité de broyage de calcaire dans la carrière d’Aisemont, d’une capacité de 450 000 t par an, afin de répondre à la demande croissante du secteur du béton. Christophe Denayer, responsable marketing chez Carmeuse : « Il s’agit d’un investissement de 16,5 millions d’euros en Wallonie. Aisemont devient ainsi la plus grande unité de ce type au Benelux. À Aisemont, avec une capacité de stockage de 9 silos de 550 t chacun, et une production de 1300 t par jour, nous sommes organisés pour servir tous nos marchés sans interruption. »

L’installation récemment inaugurée à Aisemont représente un investissement de 16,5 millions d’euros en Wallonie.

Une contribution significative à une Europe sans carbone

Au niveau mondial, le béton est responsable d’environ 8% de l’empreinte carbone sur la planète, ce qui en fait l’une des industries vers lesquelles on se tourne pour parvenir à une Europe décarbonée d’ici 2050. Christophe Denayer : « D’après nos calculs, les producteurs de béton belges, en utilisant cet ATG et notre nouvelle capacité de production à Aisemont, pourront réduire l’empreinte carbone de leurs produits de 15%. Cela se traduira par une réduction de 130 000 t de CO2 par an. »   

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