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Déconstruire un viaduc autoroutier en service : sécurité et méthode

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Sur l’E42 à hauteur de Wanze, entre Namur et Liège, le viaduc de Huccorgne se présente comme un colosse de béton. Photo : SOFICO / Marc Detiffe

Texte | Philippe Selke

Photos | Groupe Eloy

8 mars 2022 Temps de lecture 8 minutes

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Tout qui emprunte l’autoroute E42 entre Namur et Liège ne peut ignorer la réhabilitation en cours du viaduc de Huccorgne à hauteur de Wanze. Un colosse de béton âgé de 50 ans et culminant à 60 m de hauteur, dont l’énorme chantier a été confié à l’association momentanée BAM Galère – BESIX par la SOFICO et le SPW Mobilité et Infrastructures. Actuellement, les équipes Déconstruction du Groupe Eloy sont à l’œuvre pour mener en sous-traitance un travail pour lequel il ne s’agit pas de confondre urgence et précipitation…

L’équipe Déconstruction du Groupe Eloy a beau être expérimentée suite à la réalisation de nombreux projets au cours des dernières années, déconstruire un ouvrage d’art de ce gabarit reste un chantier exceptionnel qui nécessite un encadrement qui l’est tout autant.

Début 2023, tout le trafic sera basculé sur les voies actuellement en chantier pour pouvoir procéder à une rénovation similaire de l’autre côté du viaduc.

Sécurité : tolérance zéro

Outre les défis techniques, la sécurité est ici le paramètre numéro un. Charles Maquet, gestion­naire du chantier pour Eloy : « Nous avons d’abord dû prouver à notre client que nous étions capables de répondre à toutes ses exigences en matière de sécurité mais aussi de méthodologie. Nous avons pour cela travaillé avec toute notre équipe Déconstruction pour établir des procédures rigoureuses. Tout intervenant doit signer un toolbox avant d’avoir accès au chantier, qui lui rappelle les règles de sécurité spécifiques à ce chantier. Et l’objectif est de maintenir une stabilité de l’équipe, par ailleurs hautement qualifiée, tout au long de la durée du chantier, Eloy pouvant compter sur son personnel spécialisé en déconstruction. »

Un travail pharaonique… en 6 semaines

Le calendrier, extrêmement serré, constitue un second défi. Eloy a obtenu la commande début décembre et démarré le chantier le 10 janvier, afin de pouvoir l’achever au plus tard le 15 février ! Le travail consiste à poser un lit de chute sous le viaduc (3400 t de recyclés), puis d’opérer quelques ouvertures dans le tablier pour placer des stabilisateurs avant de le démolir (2000 t de béton), et enfin de scier au diamant et descendre les poutres principales de 60 t chacune pour les broyer au sol… tout cela en 6 semaines ! Cette première phase concerne les bandes de circulation en direction de Liège, le trafic étant dévié sur les bandes vers Namur. Le contrat prévoit un copier-coller dans un an, dans l’autre sens, pour autant que les travaux menés actuellement donnent satisfaction.

Charles Maquet : « Même si le planning est serré, le mot d’ordre est de ne pas engendrer de l’insécurité par trop de pression. Tout se déroule dans un parfait état d’esprit. De plus, quand je vois le bon état général de ce que l’on a commencé à déconstruire, je crains moins de tomber sur des armatures qui auraient trop travaillé. »

L’une des premières opérations consiste à opérer des ouvertures dans le tablier pour placer des stabilisateurs avant de le démolir.

Des machines et des hommes

Concrètement, une dizaine d’hommes sont présents en permanence sur le chantier avec 6 machines – dont 4 pelles de 25 t équipées de crushers –, pour des journées de 10 heures, quelques samedis compris. La phase la plus spectaculaire est prévue en fin de chantier avec le sciage des poutres principales au câble à diamants, leur dépose par Galère-BESIX au moyen de grues de 800 à 900 t et leur broyage au sol par Eloy avec des pelles de 40 t et crushers de 1,5 t. Tous les bétons démolis seront envoyés au centre de recyclage d’Eloy à Bierset. Une fois concassés, ils finiront comme sous-fondations ou comme fins pour la centrale à béton. Les aciers seront séparés et envoyés également au recyclage. 

Sous le viaduc, un lit de chute (3400 t de recyclés) est posé pour éviter que les bétons démolis plus haut ne rebondissent.

Un viaduc à la hauteur de la mentalité Eloy

Charles Maquet : « Ce chantier représente bien la mentalité Eloy parce qu’il nous a demandé pas mal d’ingéniosité et de travail d’équipe pour mettre au point la méthodologie et répondre à toutes les normes de sécurité. Je tiens à remercier la direction d’Eloy pour la confiance qu’elle accorde à l’équipe. Eloy dispose du matériel, des hommes et des compétences pour mener à bien cette mission. Mais, sur ce genre de chantier, mieux vaut ne rien laisser au hasard … » 

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