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Première européenne : des traverses « vertes » en béton à base de soufre

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Infrabel devient le premier gestionnaire d’infrastructure ferroviaire en Europe à « verdir » les traverses (communément appelées « billes de chemin de fer ») de son réseau.

Texte | Infrabel

Photos | Benjamin Brolet et Infrabel

8 juin 2021 Temps de lecture 6 minutes

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Le ciment dont elles sont traditionnellement constituées se voit remplacé par du soufre. L’avantage est triple : le cycle de fabrication émet jusqu’à 40 % de CO2 en moins, le nouveau matériau créé est totalement recyclable et, enfin, le soufre – déchet de l’industrie pétrolière – se voit valorisé. Les traverses vertes seront produites à raison de 25 000 pièces par an pendant 8 ans à Baudour, près de Mons.

Ces nouvelles traverses « vertes », les premières installées en Europe, sont constituées d’un matériau révolutionnaire : le béton de soufre. Concrètement, la traverse – cet élément permettant de fixer les rails et de les rendre solidaires – n’est plus constituée de ciment, c’est le soufre qui fait office de liant. Les avantages sont multiples. La production de ciment émet beaucoup de CO2 ! D’abord de par la nature de la réaction chimique de transformation du calcaire en ciment ; ensuite parce que ce processus est très énergivore car il nécessite d’atteindre une température de 1400 degrés. Avec le béton de soufre, une température de 114 degrés suffit à modeler la traverse. La production de CO2 est ainsi fortement réduite (soit de 40 %) passant de 75 kg CO2/traverse à 45 kg CO2/traverse. Cette innovation permet donc de compenser, chaque année, l’équivalent de la
production annuelle de CO2 de 100 ménages.

Le cycle de fabrication émet jusqu’à 40 % de CO2 en moins, le nouveau matériau créé est totalement recyclable et, enfin, le soufre se voit valorisé.

Totalement recyclable

Le béton de soufre est totalement recyclable. Et ce contrairement aux traverses « historiques » en bois, qui, en raison de la présence d’une ­substance chimique, doivent être soigneusement brûlées. Arrivées en fin de vie, les traverses en béton classique sont également peu valorisées : elles finissent pour partie en empierrement pour la construction de voiries. En fin de vie ou endommagées, les traverses en béton de soufre, quant à elles, pourront être refondues pour former de nouvelles pièces. Enfin, dernier intérêt, un tel matériau permet de valoriser le soufre qui reste aujourd’hui un déchet de l’industrie pétrolière.

Politique environnementale volontariste

Ces traverses en béton de soufre seront ­produites en série, dès août 2021, par la firme De Bonte. Cette entreprise familiale dispose d’une ­solide ­expérience dans la fabrication de produits en ­béton. L’an dernier, De Bonte a remporté un ­marché ­public totalement inédit lancé par ­Infrabel. Sa singularité ? 

L’introduction de critères environnementaux dans le choix d’une fourniture. Dans le secteur public, le prix constitue un facteur déterminant pour ­l’attribution d’un marché. Soucieuse de réduire son empreinte environnementale au travers de multiples initiatives, Infrabel a voulu qu’au-delà du prix un avantage soit donné au produit offrant les plus grands bénéfices pour la planète. 

Dans le cas présent, une limitation de la production de CO2 (que ce soit dans la fabrication ou l’acheminement du matériau) et une meilleure circularité du produit ont compté pour 40 % des points. La dimension « coût » pour les 60 % restants. Ces critères, cumulés à un prix très concurrentiel, ont donné l’avantage à la firme De Bonte. Les traverses vertes seront produites à raison de 25 000 pièces par an pendant 8 ans sur le site de Baudour, dans la région de Mons, jusque-là spécialisé dans la fabrication de traverses utilisées dans des aiguillages.

Primeur européenne  

Plusieurs gestionnaires d’infrastructure ferroviaire européens ont déjà marqué leur intérêt pour cette technologie innovante qu’Infrabel sera la première à installer à grande échelle. Pour en arriver là, des garanties ont bien entendu été prises. Des essais ont démontré que la résistance aux charges du trafic des trains était équivalente à celle d’un béton traditionnel. Le béton de soufre s’est également avéré moins poreux (moins sensible aux infiltrations d’eau notamment) ce qui le rend plus résistant aux produits corrosifs et donc à l’usure.  

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Olivia Castelein

Chef D’édition

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