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Un ecocentre intégré pour allier écologie et économie circulaire

Centrale à bétons riches.

Texte | Philippe Selke

Photos | Groupe Eloy

24 juin 2022 Temps de lecture 12 minutes

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Avec son ecocentre sur 10 hectares à Bierset, le Groupe Eloy boucle la boucle en valorisant la plupart des déchets qu’il génère et manipule sur ses différents chantiers. Trois activités y sont menées : la réception de terres excavées, la valorisation de déchets inertes et la production de béton. L’intégration de ces activités sur un même site et le fait de disposer d’exutoires en suffisance rendent la démarche unique, justifiant pleinement la signification qu’Eloy donne à l’acronyme « eco » : Eloy Circular Operations. Avec, en prime, une série d’avantages pour ses clients.

L’ecocentre Eloy à Bierset se déploie sur non moins de 10 hectares.

Avec le développement constant de ses activités sur le Grand Liège, et particulièrement au nord de la métropole avec la croissance de l’aéroport et les Hauts-Sarts, le Groupe Eloy était arrivé à un moment charnière où il était devenu judicieux de créer un site de production relais stratégiquement implanté. Il dispose à Bierset d’une véritable plaque tournante au cœur de son rayon d’action, qui participe ainsi à la réduction des transports, avec tous les bénéfices écologiques et économiques qui s’ensuivent. 

Terres excavées : des solutions pratiques pour les clients

Depuis le 1er mai 2020, la réglementation Walterre régit la traçabilité des terres excavées dans le cadre de l’AGW du 5/07/2018, en les classant en 5 types valorisables. Caractérisées et munies du certificat ad hoc, les terres en question peuvent alors être déposées sur un site récepteur. Si les plus gros entrepreneurs manipulent généralement des volumes (> 400 m³) imposant l’établissement d’un rapport de qualité des terres (RQT), ce n’est pas le cas d’un grand nombre de plus petits entrepreneurs. Ceux-ci peuvent alors passer par facilité par une installation autorisée qui va se charger de toute la procédure d’analyse et de caractérisation, formalités administratives comprises. L’ecocentre de Bierset est une telle installation autorisée. 

Une zone est dédiée aux centrales à béton.

Thomas Sadzot, Directeur des activités béton, terres, inertes chez Eloy : « Les deux avantages majeurs pour le client sont la simplicité et la vitesse de prise en charge. Si le client veut absolument caractériser lui-même ses terres sur base d’analyses, de rapports officiels avant de pouvoir les envoyer vers un site récepteur, cela va lui prendre des jours et des semaines avant que toutes les étapes jusqu’aux bons de transport ne soient franchies. Et le temps, c’est de l’argent … Le client qui s’adresse à nous, pour autant qu’il dispose de certaines informations de base (adresse du chantier d’origine et parcelle cadastrale), peut obtenir les bons en 24 heures. » 

Les terres polluées, par contre, doivent être directement orientées vers un centre de traitement agréé. Ce n’est pas la vocation d’Eloy de s’en charger.

Inertes : sortie du statut de déchet

Dernièrement, Eloy a notamment participé au chantier de rénovation du viaduc d’Huccorgne (voir article dans le numéro précédent), démolissant d’énormes quantités de béton, qui ont ensuite été réceptionnées sur le site de Bierset afin d’être traitées et recyclées : un bel exemple de lots relativement homogènes, qu’il y a lieu d’isoler pour en tirer la meilleure qualité possible. Cet exemple n’en est qu’un parmi tant d’autres puisque le concept de reconstruire la ville sur la ville est en plein essor et que cela génère beaucoup de déchets de déconstruction.

Une autre zone est consacrée à la valorisation des inertes.

Depuis 2021, il est possible de faire sortir les déchets inertes du statut de déchet, dans le cadre de la réglementation « End-of-Waste ». Martin Thines, responsable terres et inertes chez Eloy : « L’obligation minimale au niveau des certifications européennes pour tout granulat recyclé que nous vendons a par ailleurs évolué de simple CE4 (granulo strict minimum) à CE2+, imposant une déclaration de performance de la part du producteur ainsi qu’un audit une fois par an par un organisme tiers. Cela demande de la rigueur administrative et des processus clairs. Nous serons audités chaque année pour voir si nous réalisons correctement les analyses requises par famille de produits. Peu de producteurs sont au courant de cette nouvelle imposition. Mais elle va changer le marché quand elle sera reprise dans les cahiers de charges … Nous considérons cette évolution comme bénéfique. C’est la reconnaissance de notre travail de valorisation. Il faudrait à présent que la dernière étape soit actée par l’Administration, en imposant une utilisation minimale de ces produits dans les marchés publics, pour arriver par exemple à des complexes de voirie comprenant minimum 30% de matériaux recyclés. »   “

Eloy s’appuie donc sur la réglementation « End-of-Waste » pour produire des empierrements recyclés de qualité, certifiés CE2+ voire Qualiroutes, à destination des chantiers.

Dépôt des inertes.

La force de l’intégration

Il existe bien sûr d’autres centres de réception des terres et de traitement des inertes, mais aucun ne peut prétendre à une intégration aussi poussée que celui d’Eloy à Bierset. Terres (chaulées), empierrements de (sous-)fondation, bétons (recyclés)… tous les produits/matériaux y sont regroupés sur un même site, ce qui permet à un client de venir à charge et de repartir à charge, le centre permettant de satisfaire la plupart de ses besoins. Ne pas rouler à vide est, de nos jours encore davantage que par le passé, un avantage économique crucial pour tout entrepreneur, doublé d’un impact écologique. Mieux encore, le groupe Eloy dispose, avec ses gros chantiers d’infrastructure, des exutoires nécessaires pour donner à la démarche tout son sens. Eloy maîtrise ainsi la chaîne complète.

L’entreprise sprimontoise met actuellement la touche finale à son ecocentre. Si l’achat du terrain à Bierset remonte à 2018, l’activité centrale à béton y a débuté en 2019, pour être rapidement certifiée BENOR. L’énorme chantier de la voirie de contournement Nord de l’aéroport, avec sa forte demande d’empierrements recyclés, a ensuite accéléré le développement de l’activité traitement d’inertes, démarrée fin 2020. Une deuxième centrale à béton, mieux adaptée à la production de béton à partir de matériaux inertes recyclés (béton concassé, tarmac, sables de concassage, …) vient d’être mise en service, après une phase d’essais. Produire du « béton recyclé » est la clé de voûte de l’ecocentre : pouvoir faire d’un béton démoli un matériau entrant dans la composition d’un nouveau béton, c’est boucler la boucle dans une optique d’économie circulaire.

Une dernière étape dans le développement du site est au programme. Un gros investissement a été consenti pour augmenter la qualité des terres traitées : un hall couvert de 6000 m2 permettra prochainement de traiter et chauler des terres, stockées au sec, afin qu’elles offrent une meilleure portance en réponse aux besoins des chantiers de remblai. Ici aussi, Eloy fera figure de pionnier.  

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